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15/10/2008

Commerces Les “historiques” de la rue Euzet menacés

 

RAPPEL :  Le conseil municipal a voté une demande d’enquête d’utilité publique pouvant aboutir â l’éviction forcée des Vêtements Vié et de la pâtisserie Aprile

 

C’est chose faite. Lors du conseil municipal du 22 juillet, les élus de la majorité ont Voté une demande d’ouverture d’enquête d’utilité publique concernant la deuxième tranche de réhabilitation de la rue Euzet.

Un vote motivé, selon Emile Anfosso, rapporteur de ladite question, par « la nécessité d’aboutir », y compris via une expulsion (en fait une éviction forcée sans relogement) « car les négociations avec deux commerçants, Aprile et Vié, n’avancent pas ».

Deux commerçants ou plutôt deux couples de commerçants qui, dans le public ce soir-là, ont eu un peu de mal à « avaler » la formule. Jacques Vié, patron du magasin de prêt-à-porter éponyme, l’a d’ailleurs fait savoir « Je leur ai dit que c’est inexact, explique-t-il Nous n’avons reçu aucune proposition écrite de la part de la SA ELIT (la société d’économie mixte qui a succédé à la Semalis) ou de son président, François Commeinhes, pour quitter nos commerces durant les travaux, ou â jamais. Alors comment peuvent-ils dire que les négociations n‘avancent pas ? »

Tout juste Jacques Vié concède-t-il avoir eu une proposition orale « de 75000 € pour partir, sans relogement, alors que nous sommes propriétaires du fonds commercial. Où croyez-vous que nous pourrions nous installer avec 75000€? »

Même constat du côté de la pâtisserie Aprile, elle aussi installée depuis des lustres rue Ronoré-Euzet: « Aucune proposition écrite ne nous a été faite, assure Serge Aprile. Tout a été purement verbal. En ce qui nous concerne, nous souhaitons réintégrer l’immeuble neuf en achetant les murs, puisque jusque-là, nous ne sommes propriétaire que du fonds. Or, nous n’avons pu avoir aucune idée de la somme qu’il faudra débourser pour les murs. En outre, ce qui est surprenant, c’est qu’avant de mener une telle -réhabilitation, la Ville n’ait pas prévu des ‘logements-tiroirs où nous transférer. Nous ne pouvons nous permettre, même temporairement, d’arrêter notre activité trop d’années de travail, derrière. » Aussi les deux commerçants ‘historiques’ du quartier de la ville ne cherchent-ils pas leur inquiétude. « Pourquoi les négocia concernant la première tranche ont-elles toutes abouties à l’amiable alors que nous devons faire avec cette épée de Damoclès - l’enquête d’utilité publique et, au bout, une éventuelle éviction forcée – au dessus nos têtes ? » ajoute Jacques Vié.

« Ces commerçants auront obligatoirement des propositions écrites d’ici quelques semaines. C’est la loi. »

Interrogé sur le sujet, l’absence de proposition écrite alors même que l’opportunité d’ouverture d’une enquête d’utilité publique a été soumise aux élus, le directeur général délégué de la SA ELIT, Henri Dorne, se veut rassurant :

« Nous sommes en train d’essayer de reloger ces commerçants dans des conditions acceptables. Quant à la demande d’enquête d’utilité publique, c’est ni plus ni moins que la méthode réglementaire. Ces commerçants auront obligatoirement sous quelques semaines, des propositions écrites, c’est la loi. Ce genre de question ne peut se négocier oralement, toute proposition sera faite dans le respect du Code l’urbanisme avec estimation des Domaines, indemnités de dédommagement. Mon but, c’est que ces commerçants restent surplace.Une intention louable, même si on n’en est apparemment pas là

Question de méthode

Les commerçants “visés’ par le vote de la majorité contestent, outre le caractère même d’utilité publique, la méthode utilisée. Un point sur lequel les époux Aprile et Vié sont semble-t-il rejoints par l’opposition.

Jacques Montagard, qui avait pris la parole à ce sujet en conseil municipal, s’en explique :

« Lors de ce conseil étaient mises au vote trois “DUP” (déclarations d’utilité publique). Nous étions partis sur le principe de voter contre les deux premières (quai des Moulins et Avenue du Maréchal Juin), pas forcément contre celle de la rue Euzet Or il nous est apparu qu’il n’y avait pas eu de proposition précise faite à ces commerçants.
La “DUP” est une arme lourde et d’après nous, les voies de concertation n’ont pas été épuisées. Nous avons donc voté contre. En outre, François Liberti a fait remarquer que ces enseignes sont deux “Institutions’ à Sète. Mais soyons clairs: nous ne sommes aucunement contre la réhabilitation du centre ancien. »

Le préfet de région devrait avoir le dernier mot

Que craignent les deux commerces sétois visés rue au Euzet? Que la demande d’ouverture d’une enquête d’utilité publique par la majorité sétoise, une fois visée par le contrôle de légalité, trouve grâce auprès du préfet.

Avant cela, toutefois, le représentant de l’État nommera un enquêteur qui lui soumettra ensuite ses conclusions.

Selon son appréciation du résultat de l’enquête, le préfet donnera on non son aval au classement en utilité publique.

Dès lors, si les négociations n’ont pas abouti, une ‘éviction forcée sans relogement’ pourrait être prononcée à l’égard des dits commerçants. Moyennant une indemnisation qui devrait là aussi donner lieu à un bras de fer.

23:55 Publié dans Actualités | Lien permanent | | Tags : sete, pri, sa elit | | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |