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09/01/2009

Sète, un cimetière marin ?

La "com" de la ville, "CULTIVONS NOS TALENTS" qui se décline en "cultivons au quotidien l'héritage d'hier pour encourager les talents d'aujourd'hui et faire éclore ceux de demain", n'est qu'une campagne de communication de plus sans rapport avec des pratiques réelles de nos édiles municipales moins glorieuses.

  • L'enquête publique qui doit permettre de déclarer d'utilité publique la destruction d'immeubles et l'expulsion de leurs occupants, qui a été voté le 22 juillet dernier et dont on vient de lancer la publicité, en est l'exemple le plus récent.

    Dans le cas de la rue EUZET, par exemple , c'est l'essor de tout un quartier particulièrement vivant et représentatif de notre ville qui  a été bloqué par une politique de rachats de la ville  qui dure depuis plus de 10 ans; 10 ans d'enlaidissement de tout un côté de rue avec pour seule distraction de l'oeil une enfilade de palmiers et les façades du côté préservé; 10 ans de perte de prospérité car 10 ans d'investissements privés rendus impossibles pour les particuliers concernés; 10 ans de dénaturation de la joie de vivre de ce quartier, en raison des inquiétudes engendrées par cette rénovation synonyme de coûts supplémentaires irrécupérables pour ceux qui les subissent.

  • Les promesses du PADD de mettre la charrue avant les boeufs, c'est à dire de bâtir, de bâtir, de bâtir (en sautant comme un cabri...)  et de porter la population à près 50.000 habitants aux alentours de 2015, sans favoriser le développement de secteurs de notre économie locale autres que la construction et les travaux publics,  en est un autre exemple, sûrement pas le dernier, d'une liste qui ne cessera de s'allonger !

    Avec une offre d'emplois quasi nulle, la captation d'une clientèle tentée d'habiter Sète pour son soleil, très moyennement aisée et âgée, ce n'est plus seulement le "cimetière des riches" qu'on appelera le Cimetière Marin, c'est tout le Sète futur qu'on nous promet !

Franchement, qui peut imaginer un seul instant un Paul VALERY ou Georges BRASSENS, partisans de telles couillonnades ?

Le poète symbolique pour qui  la nature est un bijou,  élevait son âme sur sa "mer toujours recommencée" à travers les pins non abattus. Si le BORLOO qui se transportera sur Saint Clair, pouvait en prendre de la graine et pas jouer le mulet...

Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommencée
O récompense après une pensée
Qu'un long regard sur le calme des dieux!
Quel pur travail de fins éclairs consume
Maint diamant d'imperceptible écume,
Et quelle paix semble se concevoir !
Quand sur l'abîme un soleil se repose,
Ouvrages purs d'une éternelle cause,
Le temps scintille et le songe est savoir.

Quant à l'admirateur de François VILLON, qui a repris le poème de Jean RICHEPIN "Les Oiseaux de passage", nous imaginons volontiers qu'il défendrait comme CETTE Evolution, ceux qui sont heureux dans leur mansarde et ne veulent pas être déracinés pour le bon plaisir des notables.

J'avais un' mansarde
Pour tout logement
Avec des lézardes
Sur le firmament
Je l'savais par coeur depuis
Et pour un baiser la course
J'emmenais mes bell's de nuits
Faire un tour sur la grande ourse

J'habit' plus d' mansarde
Il peut désormais
omber des hall'bardes
Je m'en bats l'oeil mais
Mais si quelqu'un monte aux cieux
Moins que moi j'y paie des prunes
Y a cent sept ans qui dit mieux,
Qu' j'ai pas vu la lune

Auprès de mon arbre
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû
M'éloigner d' mon arbre
Auprès de mon arbre
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû
Le quitter des yeux

16:51 Publié dans Coup de coeur/Coup de griffe | Lien permanent | | Tags : renovation urbaine; sete | | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |