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23/04/2009

Café-philo : Sortir de l'entreprise libérale

Café-philo : Sortir de l'entreprise libérale

Mardi 28 avril - A 18h30 - Auditorium du musée Fabre

39 bd Bonne Nouvelle
34000 Montpellier

Infos Pratiques
Tarif : Gratuit

Infos contacts
Téléphone : 0467067878

En bref :

La librairie Sauramps vous invite à une conférence-débat sur le thème "Sortir de l'entreprise libérale" avec Jean-Paul Malrieu (qui vient de sortir "Dans le poing du marché. Editions Ombres blanches) et Jean-Claude Michea, en partenariat avec le café-philo qui fête son 700eme café.

 

En complément à cette annonce, suivent :

  1. une présentation de Jean-Paul MALRIEU invité le 19 avril 2009 par Philippe MEYER à son émission du dimanche matin sur France Culture “L’esprit Public”. Un lien pour télécharger le fichier mp3 du débat enregistré suit.
  2. la présentation du livre “Dans le poing du marché”
  3. la vidéo sur Google de la conférence de Jean-Paul MALRIEU donnée le 26 novembre 2006 à Toulouse “Science, Technique, Pouvoirs et Démocratie

Philippe MEYER : Jean-Paul Malrieu, auteur de "Dans le poing du marché"

 

… S’il y a un reproche que l’on ne peut pas faire à votre livre « Dans le poing du marché », Jean-Paul Malrieu, c’est bien celui de sacrifier au prêt à non penser, ou d’éviter d’aborder certaines questions de front. Vous êtes physicien, directeur de recherches émérite au CNRS. Vous n’êtes donc, comme vous l’écrivez dans l’avant-propos de votre ouvrage, « ni économiste, ni sociologue, ni politologue ». Vous fondez votre démarche sur votre réflexion solitaire, une exigence d’honnêteté dans le dialogue, et également sur une certaine rage, qui écrivez-vous « n’invalide pas la noirceur de vos pronostics ».

Car votre livre est sombre et pessimiste. Votre propos n’est pas d’accuser le Marché de tous nos maux, pas plus qu’il n’est de reprocher aux hommes politiques leur impuissance, ou leur servilité. Vous cherchez plutôt à comprendre comment nous – vous et moi, nos auditeurs, les citoyens – comment donc nous pouvons nous laisser aller à accepter sans remettre en question ce modèle imposé du libéralisme, qui est selon vos propres termes un « état de guerre économique généralisée ».

Pour sortir de l’emprise libérale, vous préconisez un certain nombre de changements profonds :

  • penser le monde en termes de sociétés, ce qui suppose entre autres de réaffirmer le bien-fondé de la protection,
  • sortir du paradigme de guerre, et cantonner l’activité économique à son statut de simple moyen,
  • restaurer ce que vous appelez une « inquiétude morale »,
  • repenser l’organisation politique,
  • retrouver un sens du temps, etc.

Vous reconnaissez ne pas croire qu’un tel virage sera pris, mais confessez tout de même un espoir. Vous nous expliquerez sur quoi, et peut-être sur qui, se fonde cet espoir.

Mais nous commencerons, si vous le voulez bien par des considérations plus pragmatiques et plus immédiates. Vous avez achevé de rédiger cet essai au mois de juin 2008, à un moment où la crise n’avait pas encore l’ampleur qu’elle a prise depuis. En novembre de la même année, vous avez donc enrichi votre ouvrage d’un court post-scriptum dans lequel vous écrivez : « Cette crise va, dans un premier temps, renforcer la violence que les principes compétitifs infligent à la société […] Elle va se traduire par des injonctions draconiennes au renforcement du libéralisme. Il ne sera pas question d’interroger son modèle de guerre totale, mais de l’intensifier. La réglementation de quelques dispositifs scandaleux, stock-options et parachutes dorés, sera exhibée pour procéder dans le même temps à une dérèglementation accrue de la vie sociale ». Pouvez-vous nous développer ce point de vue ?

Pour écouter l’entretien télécharger ce fichier Real Media  pnm://son.radio-france.fr/chaines/itema/6119/6119_19042009_2009C6119E0084.rm

RealPlayer11Gold gratuit téléchargeable http://france.real.com/download/player/win/v11/fr/?src=fd...)

Pourquoi nos enfants entrent-ils dans un monde plus cruel, plus dangereux que celui où nous avons grandi ? Ce texte lance une série de questions inquiètes sur les avenirs que dessine le jeu désormais souverain de la libre concurrence. Il ne les adresse pas au Marché, aussi muet que sa main est invisible. Il ne les pose pas aux politiques, appliqués à faire de la compétition, donc de la guerre, le ressort de la vie sociale. Pas non plus à ceux qui nous vendent la potion magique de l'"économie de la connaissance". Mais à nous.

D'où nous vient cette résignation à suivre un cours si manifestement délétère, où s'accroissent les inégalités, la précarité et la violence ?

De quoi est faite, de quelles adhérences profondes, notre impuissance politique ?

Est-il pourtant impossible d'articuler un projet politique radical pour ce temps, qui ne se bercerait ni des simplismes révolutionnaires ni des vagues invocations à un autre monde possible ?

Bien que pessimiste, ce texte souffle sur les braises de nos rages lucides. Dans l'espoir ténu qu'en pourrait renaître une ambition politique à la mesure du défi civilisationnel que nous a jeté l'empire du Marché.

Société Sociologie Conditions sociales

  Dans le poing du marché : sortir de l'emprise libérale : essai
Jean-Paul Malrieu
Rue des gestes
 Ombres blanches
2009
 14,00 €
978-2-913911-02-4 / 9782913911024
08/01/2009
19 x 13 cm / 128 p.

Conférence 26 novembre 2006 à Toulouse “Science, Technique, Pouvoirs et Démocratie

http://video.google.fr/videoplay?docid=622942071808459804...

Deux points mineurs seront d'abord évoques: - l'absence d'une ou plusieurs "sciences de la gouvernance" qui guideraient le politique, - les rapports directs de la Science et la Démocratie (le rôle du débat contradictoire public dans la naissance de la pensée rationnelle selon Vernant, et le rapport entre compétence et démocratie dans la vie scientifique).

Le point central concernera le rapport triangulaire entre Science, Technique et Pouvoirs (politique et économiques). On rappellera le bien-fonde essentiel d'une distinction entre Science et Technique, en même temps que leur intrication contemporaine profonde. On montrera - comment le Pouvoir infléchit la recherche scientifique vers des objectifs appliques, - qu'il invoque pour ce faire des besoins sociaux impérieux de sante, de sécurité ou de guerre économique incontournable, - l'offensive de privatisation ou d'appropriation de la connaissance et ses périls, - et comment sont évités les débats sur ces objectifs ou sur leur priorité.

On analysera chemin faisant la complicité active d'une large partie de la communauté scientifique dans cette démarche. Les potentialités énormes des nouvelles technologies du vivant et de l'information suscitent néanmoins des inquiétudes et donnent lieu a un débat public. Comment doit-il être mené? Par des Comites d'éthique? Par des jurys citoyens? Les limites de ces dispositifs, en particulier la fragmentation de problèmes généraux en questions ponctuelles, seront pointées.

16:49 Publié dans Actualités | Lien permanent | | Tags : jean-paul malrieu | | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |