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06/02/2010

Midi Libre 6/02/2010 Sète – Rénovation urbaine : L’angoisse des propriétaires

La procédure de déclaration d'utilité publique N° 5 qui a été votée en décembre dernier, concerne non seulement des immeubles dégradés et insalubres ou avec des logements indécents, mais aussi des immeubles où tous les logements répondent aux normes d'habitabilité et sont décents au sens de la loi SRU…
Aujourd'hui, illustration du dossier publié d'hier "Rénovation urbaine : la ville y va-t-elle trop fort ?"
(Cliquer ici pour y accéder)

Édition du samedi 6 février 2010

Sète -  Jeux de “DUP” au 4-Ponts - On ne sait …

On ne sait pas encore si la Déclaration d'utilité publique (DUP) qui pourrait "tomber" sur une quarantaine d'immeubles du quartier des 4-Ponts permettra à la Ville d'accélérer la restauration immobilière du quartier.

Mais ce dont on est sûr, c'est qu'elle aura fait trembler dans les chaumières. Et pour cause : l'acceptation du principe d'une DUP par le commissaire enquêteur, puis sa validation par le préfet, pourrait être lourde de conséquences pour quelques-uns de ceux qui résident dans l'îlot sud...

On n'en est toutefois pas là, puisqu'il y a fort à parier que la Ville ne laissera pas l'utilité publique frapper aveuglement, et que l'on ne fera pas payer à un Sétois des 4-Ponts le fait d'habiter un appartement en parfait état dans un quartier - en partie - dégradé. Non ?

Pour autant, à défaut d'avoir pu faire part de leurs réserves, voire de leurs craintes, à un interlocuteur bien identifié (Ville ou SA Elit), trois résidants du quartier s'en ouvrent ici dans nos colonnes. Leurs cas, particuliers, sont il est vrai symptomatiques de l'inadéquation d'une déclaration d'utilité publique avec un quartier où voisinent le meilleur et le pire, côté habitat. Mais ils méritent d'être entendus. Comme mérite d'être souligné le fait que personne, aux Quatre-ponts, ne remet en cause la nécessité de mener à bien la rénovation immobilière du quartier. Quant à la méthode...

Patrice CASTAN pcastan@midilibre.com - Photos Christophe FORTIN

Édition du samedi 6 février 2010

« Faudra-t-il nous résoudre à vendre ? »

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Sète - 23, rue Carnot « Faudra-t-il nous résoudre à vendre ? »

RAPPEL : Yves Bouchet est devenu propriétaire en 1957 du logement où il réside depuis 86 ans

Cela fait 86 ans et des poussières qu'Yves Bouchet habite son appartement de la rue Carnot. Dont ses parents furent locataires et dont ce Sétois fit l'acquisition en 1957.

Depuis quelques mois, il y a été rejoint par son fils, Michel, avec lequel il partage donc ce 62 m 2 , que le vieil homme a toujours entretenu. Ancien, quelque peu désuet côté déco, certes, ce « deux chambres, salon, cuisine, salle de bains » est en bon état.
Pour Michel Bouchet, il répond en tout cas à « des normes raisonnables d'habitabilité ». Aussi est-il assez surpris de voir l'appartement de son père figurer dans la liste des logements pour lesquels une demande d'utilité publique a été faite par la Ville (le principe en a été voté en décembre).

D'autant que la SA Elit a placé les six logements que comporte le 23, rue Carnot dans la case "état moyen"... « Je suis revenu sur Sète été 2007, se souvient Michel Boucher. C'est alors que j'ai reçu un architecte de la SA Elit. Je lui ai présenté l'appartement, il m'a dit qu'il n'y aurait "pas grand-chose à faire". Il a néanmoins tout mesuré et m'a dit que pourrait m'être communiqué un compte-rendu de sa visite. Je n'ai jamais rien reçu et apparemment, il n'est pas passé chez mes voisins (alors que leur logement figure dans l'estimatif de la SA Elit...) »

Quant au bâtiment, aux parties communes, Michel les connaît bien, puisqu'il en est le syndic de copropriété : « La toiture a été refaite il y a 10, 12 ans, l'escalier est ancien mais très sain et entre voisins, ça se passe bien alors que bizarrement, on aurait été classé par la Ville dans les "copropriétés à problèmes"... » S'il s'en tient à l'appréciation sommaire des travaux à engager faite par la SA Elit, « entre parties communes et privées, j'ai calculé que chaque propriétaire aurait 15 000 € à sortir »... sous 2 ans à partir du moment où la DUP sera acceptée (si elle l'est). Alors, bien sûr, chaque propriétaire pourra dans ce cas prétendre à des aides qui, néanmoins, ne pourront dépasser 30 % des sommes engagées. Enfin pas tous : Yves Boucher, qui touche une retraite "correcte", n'y serait apparemment pas éligible...

Pour son fils, le dossier concernant le 23, rue Carnot, a été « monté à l'emporte pièce ». Et de se demander quelles sont véritablement les visées de la SA Elit : « Si la DUP est acceptée et que nous sommes dans l'impossibilité de financer les travaux décrits par l'aménageur, faudra-t-il se résoudre à vendre notre appartement au prix des Domaines ? C'est simple, ça ferait 1 350 € multiplié par 62 m 2 : un peu plus de 80 000 €. Avec cette somme, à Sète, on n'irait pas loin. Un 60 m 2 , c'est au moins 110 000 €...

Mais peut-être la SA Elit préférera-t-elle faire durer pour, un jour, se rendre maître du foncier. Au n°30 de la rue, cela fait 4 ans qu'une voisine est en "utilité publique" : elle n'en a jamais été informée et il ne s'est rien passé », explique Michel.
« Et quand je regarde notre immeuble, bien placé, ensoleillé mais sans cachet architectural particulier, je me dis qu'il pourrait être le lieu d'un tout autre projet... »

Édition du samedi 6 février 2010

« J'estime que je ne mérite pas ça... »

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Sète - 27, rue Sémard « J'estime que je ne mérite pas ça... »

RAPPEL : Reine Pillot est propriétaire d'un coquet appartement englobé dans les bâtiments visés par la demande d'utilité publique

...C'est en 1990 que Reine Pillot s'est rendue propriétaire de son appartement, situé au troisième étage du 27, rue Pierre-Sémard (l'immeuble ouvrant sur la rue Honoré-Euzet occupé, en rez-de-chaussée, par les locaux du Parti communiste).

Un très coquet 60 m 2 entièrement rénové en 1987, équipé d'une mezzanine mansardée, avec poutres apparentes, d'une salle de bains dernier cri, de WC séparés, de double vitrage sur châssis bois, etc. 60 m 2 au total, donc. Bien placés, bien insonorisé. Bref, le bonheur. Sauf que dans "l'appréciation" réalisée par la SA Elit, cet appartement (comme les quatre autres du 27, rue Sémard) est jugé en "état moyen" (!) et inclus dans la demande de déclaration d'utilité publique ( une qualification que l'on imagine plutôt motivée par des raisons de vétusté, d'insalubrité, de sécurité...)

Reine Pillot, comme l'ensemble des copropriétaires réunis en syndic, est bien consciente que « des travaux sont à faire sur la toiture, et nous allions d'ailleurs nous y pencher, mais quand la SA Elit pointe la façade (un coup de peinture semble suffire) et la cage d'escalier (état parfait), je ne comprends pas... »L'appréciation de la SA Elit concernant les travaux à engager sur les communs et les parties privées ? « 110 000 € environ ». Pas une paille, donc.

Après avoir pris connaissance qu'une demande d'utilité publique incluant son appartement avait été demandée par la Ville, Reine Pillot – « je suis assez anxieuse » – s'est rendue en mairie : « Là, personne n'était au courant. On m'a renvoyé vers la SA Elit, ça m'a découragée... » Une chose est sûre, elle n'est pas prête à "lâcher" son appartement du 27 rue Sémard, « estimé récemment entre 120 000 et 150 000 € par un expert immobilier », d'autant qu'il est « idéalement placé, près des cinémas, du théâtre... » Reine n'a pas apprécié d'apprendre « par les journaux, qu'une déclaration d'utilité publique avait été demandée » et qu'elle sera virtuellement expulsable si la DUP est acceptée... Non, vraiment, dit Reine, « J'estime que je ne mérite pas ça. »

Édition du samedi 6 février 2010

Au dessus de The Marcel... On a tellement l'habitude de ne porter ses yeux que sur le rez-de-chaussée, le restaurant The Marcel et la galerie Faurie, ...

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Sète -  Au dessus de The Marcel... On a tellement l'habitude de ne porter ses yeux que sur le rez-de-chaussée, le restaurant The Marcel et la galerie Faurie, ...

Au dessus de The Marcel... On a tellement l'habitude de ne porter ses yeux que sur le rez-de-chaussée, le restaurant The Marcel et la galerie Faurie, qu'on pourrait être surpris de voir figurer dans la demande de DUP le n°5 de la rue Lazare-Carnot. C'est en jetant un coup d'oeil sur le 1 er étage que l'on comprend mieux pourquoi ...

 

Édition du samedi 6 février 2010

10, rue Pierre SEMARD

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10, rue Pierre-Sémard... Ce n'est qu'une cour, mais son état laisse présager de celui de la cage d'escalier, des communs.

Dans ce bâtiment, huit logements sont estimés insalubres. Pas étonnant. La DUP, dans ce cas, est justifiée.

Édition du samedi 6 février 2010

Insalubrité signifie malsain, nuisible à la santé : défaut d'hygiène, non respect des normes de sécurité. A éradiquer à tout prix. On est encore rue...

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Sète -  Insalubrité signifie malsain, "nuisible à la santé" : défaut d'hygiène, non respect des normes de sécurité. A éradiquer à tout prix...


Insalubrité signifie malsain, "nuisible à la santé" : défaut d'hygiène, non respect des normes de sécurité. A éradiquer à tout prix.  On est encore rue Sémard.

Nuisible à la santé ...

19:35 Publié dans 3 Opérations d'aménagement, 3.2 PRI Ile Sud DUP5 | Lien permanent | | Tags : 4 ponts | | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |