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25/03/2010

Midi Libre SETE - Logement - L'îlot Savonnerie, après la friche, sera chic

Édition du jeudi 25 mars 2010

L'îlot Savonnerie, après la friche, sera chic

V.A.

Les travaux du programme évoqué par les élus dès 2007 pourraient débuter en juin prochain

On sentait comme un petit parfum de victoire, mardi en mairie, saluant la réalisation prochaine du 2e programme de démolition-reconstruction (après celui des Consuls, rue Euzet) engagés dans le cadre du plan de restauration immobilière, quartier des 4-Ponts.

Le maire, François Commeinhes, scellait en effet d'une signature (celle du compromis de vente) les contours définitifs du projet "îlot Savonnerie". Il devrait avoir vu le jour d'ici décembre 2012 à l'emplacement de l'ancienne imprimerie de la rue éponyme, bordant un axe essentiel car porte d'entrée des croisiéristes abordant la ville par le Quai d'honneur.

Le projet verra le jour sur une friche industrielle où résidaient depuis 15 ans environ, a insisté le maire, « les pigeons, les gabians et autres animaux à quatre pattes et à longue queue ». Mais aussi, côté rue Romain-Rolland, des propriétaires à deux pattes, ceux-là, dont l'immeuble a fait l'objet d'une déclaration d'utilité publique et dont deux auraient, à ce jour, accepté la proposition des Domaines.

« Un dossier complexe », a concédé le maire, qui a estimé l'obtention des autorisations de construire au mois de juillet, « après recours des tiers », le début des travaux pour juin 2011 et une livraison en décembre 2012, donc.

Pour la SA Elit (qui pilote le plan de restauration immobilière sétois), Henri Dorne a souligné « l'audace d'un projet de reconquête urbaine qui sort de l'ordinaire et sur lequel nous serons particulièrement attentifs puisqu'il va être réalisé à proximité immédiate de bâtiments existants ».

Alors que le représentant de Nexity, opérateur retenu pour la réalisation du projet (c'est la société qui a signé le programme au toit zingué en haut de la rue Montmorency), Philippe Ribouet a lui insisté sur le choix «d'un mode constructif peu consommateur d'énergie et d'eau » (lire ci-dessous), s'inscrivant dans une vraie démarche environnementale.

A vocation de résidences principales, les appartements (et les deux villas de toit !) devraient être mis sur le marché entre 3 000 et 3 200 € le m 2 « parking compris ». Soit environ 190 000 € les 60 m 2 . Pas donné.

Patrice CASTAN pcastan@midilibre.com

Édition du jeudi 25 mars 2010

BOIS, BASSE CONSOMMATION...

DR

SETE -  BOIS, BASSE CONSOMMATION...


Lorsqu'en mars 2007 étaient présentés en conseil municipal les projets de la Ville pour la rue de la Savonnerie, l'opposition faisait grise mine. Et Roselyne Bahler s'était étonnée : « Vous parlez de démolir les hangars, je le comprends, mais plutôt que des constructions, pourquoi, ne pas élargir le trottoir et planter des arbres ? Sinon, cette rue restera toujours un boyau. »

Elle a, en partie, été entendue, si l'on en croit le parti pris architectural pour lequel la Ville a opté : un bâtiment bien moins imposant que les 14 niveaux de la tour lui succédant, dont le rez-de-chaussée, implanté en retrait de l'alignement actuel, offrira plus d'espace aux piétons, et une perspective élargie.

C'est notamment - avec l'option d'un premier plancher porté à 4 m du sol - ce qui a séduit la Ville dans le projet de Pierre Di Tucci, dont la réalisation sera pilotée par Nexity-George V.

Dans ce programme, les 42 logements, dont 9 sociaux, se décomposeront comme suit : 13 type 2, 23 T3, six T4. Au rez-de-chaussée, 230 m 2 seront consacrés aux commerces. Respectant les critères BBC (bâtiments basse consommation), la résidence est annoncée pour avoir une consommation en énergie primaire inférieure à 40 kw / m 2 de Shon.

Dans la même veine, dès le premier étage, le bâtiment que Pierre Di Tucci a voulu « plus sculptural que conceptuel » et dont les modules rappellent la verticalité de la tour, sera fait de bois « matériau qui capture le carbone et qui est peu nuisible » . Plutôt bien vu sur un axe qui, côté nuisances, a rappelé l'opérateur, voit passer de 10 à 12 000 véhicules / jour.

 

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www.sete.fr

La ville continue à se reconstruire


Dans le cadre du Périmètre de Restauration Immobilière (PRI), la ville de Sète et la société Nexity ont signé le 23 mars dans la salle des mariages de la mairie un compromis visant à la réalisation d’un programme exemplaire de logement résidentiel et social rue de la Savonnerie.
Ce projet, porté depuis longtemps par la société d’économie mixte Elit, prévoit la construction d’un immeuble de 42 logements dont 9 logements sociaux en lieu et place de la friche industrielle que les sétois connaissent d’ancienne mémoire : l’imprimerie Galavielle.

L’architecture de ce bâtiment a été confiée au cabinet sétois Signal.
Non seulement sa conception est en accord avec les nouvelles normes basse-consommation énergétique mais il sera entièrement construit en bois à l’exception de sa partie inférieure, une procédé innovant en France à partir de panneaux en bois contrecollé massif fonctionnant comme le béton.

Le rez-de-chaussée sera occupé par des commerces et aménagé de manière à redonner de l’espace aux piétons qui n’en avaient guère le long de cette voie de grande circulation automobile : "Ce projet est l’un des plus audacieux qui ait été présenté" a commenté le maire. "Il tranche incontestablement avec tout ce qui a été fait à Sète en matière de requalification urbaine. C’est un pari et c’est pour cela qu’il a été choisi".

Publié le mercredi 24 mars 2010.

22/03/2010

Midi Libre SETE - Logement, Plancher à refaire : loyers gratis dans l'immeuble

Édition du lundi 22 mars 2010

Plancher à refaire : loyers gratis dans l'immeuble

DR

La façade de l'immeuble situé au 30, rue Jean-Jaurès, n'a pas manqué d'interpeller le regard.

Un arrêté municipal daté du 22 février avait en effet été scotché à gauche de la porte d'entrée.

Signé par le premier adjoint, Antoine de Rinaldo, il y était question d'un péril.
Aïe. « Non imminent » , était-il cependant précisé.

Ouf. Le motif ? Une flèche dans le plancher du troisième étage, lequel doit être renforcé.
« C'est un arrêté classique de mise en demeure , explique-t-on au service juridique de la mairie. Dans neuf cas sur dix, il s'agit d'un péril non imminent. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de danger pour les habitants concernés. Ils peuvent continuer à occuper leur logement ».

Dans le cas présent, c'est la rupture d'une canalisation qui a endommagé la structure du plancher du troisième étage. Le propriétaire - la SCI Elithe, à ne pas confondre avec la SA Elit, la société d'aménagement de la ville - a bien procédé à la réparation de la canalisation. Mais restait le plancher.

L'arrêté municipal indiquant que le propriétaire a six mois pour faire les travaux nécessaires. C'est-à-dire d'ici le 1 er août. Et pour l'inciter à ne pas traîner, le code de la construction et de l'habitation prévoit un dispositif efficace : l'article L 521-2, que la mairie avait jugé bon d'afficher également sur la façade du 30, rue Jean-Jaurès.

A partir du premier jour du mois suivant la notification de l'arrêté de mise en demeure, et jusqu'au 1er jour du mois suivant l'arrêté de main-levée (une fois les travaux effectués), les locataires de l'immeuble cessent de payer leur loyer. Il suffisait d'y penser...

Marc CAILLAUD

12:44 Publié dans 3 Opérations d'aménagement | Lien permanent | | Tags : arrêté municipal, péril non imminent | | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

05/03/2010

Cartographie des risques d’innondation de 2007

MIDI LIBRE Édition du mardi 2 mars 2010

Hérault : La carte d'un bassin de Thau sous les eaux

La carte d'un bassin de Thau sous les eaux

DR

 


Des digues qui cèdent sous les vagues de l’Atlantique. C’était dimanche matin, dans deux paisibles communes de Vendée.

  • Il y a 8 ans, en septembre 2002, la petite ville d’Aramon, dans le Gard, était piégée par la crue du Rhône. Là aussi une histoire de digues rompues.
  • Trois jours plus tôt, le Gardon sortait de son lit à Alès et dévastait le quartier populaire des Près Saint-Jean.
  • En 1988, un épisode pluvieux d’une rare intensité ravageait la ville de Nîmes. A chaque fois, on a compté les morts par dizaines.

Et le coût de la reconstruction a atteint des millions d’euros. A chaque fois, les populations sont restées incrédules face à de tels évènements. Ces catastrophes sont inimaginables par temps calme. Et ne se produisent qu’une fois par siècle. Ce qui incite souvent à minimiser les risques.

Faut-il craindre un tel scénario pour le bassin de Thau ? La question mérite d’être posée. D’autant que les services de l’Etat ont édité, en 2007, une carte des zones inondables autour de l’étang.

Cette carte, que Midi Libre vous révèle en exclusivité, est un outil de travail. Et n’a pas été validée pour élaborer le Plan de prévention des risques d’inondations (le fameux PPRI).

Mais sa diffusion auprès des élus avait provoqué de vives contestations. On a crié au catastrophisme, dénoncé le blocage de tous les projets de développement urbanistique. Elle est actuellement en débat. Ce n’est pas la modélisation du risque qui est dénoncée mais la probabilité qu’il se produise.

A l’époque, Midi Libre avait décidé de ne pas diffuser ces documents afin éviter un vent de panique dans la population. L’actualité récente a remis en lumière cette carte. Que nous vous livrons aujourd’hui, assortie des commentaires de deux élus locaux, François Commeinhes, maire de Sète et président du Syndicat mixte du bassin de Thau et Christophe Morgo, conseiller général de Mèze.

Ce document doit être regardé avec précaution et lucidité.

  • Précaution car il se base sur une crue centennale.
  • Lucidité parce que l’actualité de ces derniers jours en Vendée, de ces dernières années dans le Gard, a montré que le pire est toujours possible.

Ces catastrophes surprennent toujours par leur intensité et leur décalage avec la paisible réalité du quotidien. Pensez-vous un tel scénario imaginable dans le bassin de Thau ?

François Commeinhes : Il y a des différences fondamentales entre le secteur touché ce week-end en Vendée et le bassin de Thau. Là-bas, les terres ont été prises sur la mer alors qu’ici, toute la ville est construite au-dessus du niveau de la mer. Même à Villeroy, 54 000 tonnes de remblais ont été apportées pour surélever les nouvelles constructions.

Christophe Morgo : A mon avis, cela ne peut pas être aussi important que sur la côte Atlantique puisque les mouvements de la Méditerranée sont beaucoup moins forts que ceux de l’Océan.
Mais il est indéniable qu’il y aura, un jour ou l’autre, une submersion de certains de nos territoires. S’il y a de fortes pluies et un gros vent de sud, chacune des 22 communes du "Sage" (schéma d’aménagement et de gestion des eaux) sera touchée. J’ai peur qu’il y ait une catastrophe un jour.

Les projections réalisées par les services de l’Etat (carte ci-dessous) vous semblent-elles réalistes ?

François Commeinhes : Si on s’en tient aux préconisations présentées dans ces documents, Sète, Marseillan ou Mèze sont rayées de la carte, Vic devient une île. Les recommandations de l’Etat qui se basent sur une élévation du niveau des eaux d’1,80 m, il faut évidemment en tenir compte mais on ne peut pas construire un port, une école de voile ou un mas conchylicole sur le Larzac.

Christophe Morgo : Il y a des incohérences. Il existe des communes où des parties sont classées en zone inondable alors qu’il n’y a aucune raison. Sur ce dossier, les ingénieurs de la DDE se sont montrés très prudents, trop prudents. De toute façon, on a pris beaucoup trop de retard par rapport à ces risques. Les PPRI (plans de prévention des risques inondation), il fallait les faire il y a cinquante ans de cela.

Êtes-vous, en tant qu’élu, favorable au principe de précaution poussé à l’extrême ?

François Commeinhes : Qu’on prenne toutes les précautions est une obligation. Mais il faut aussi savoir s’adapter, comme nous l’avons fait à Villeroy. Qu’on ne construise pas d’habitations sur les zones situées à moins de 2 m du niveau de la mer, d’accord, mais il faut pouvoir construire au-dessus en consacrant les rez-de-chaussée à des activités qui ne sont pas liées à l’habitat. Ce sont des préconisations architecturales qu’il faut imposer mais cela ne doit pas empêcher de construire.

Christophe Morgo : Non. A les écouter, il n’y aurait aucune vie humaine autour du bassin de Thau. Il y a cinquante ans, on a fait d’énormes erreurs sur ce territoire. Je pense à l’urbanisation en front de mer comme Frontignan plage ou Marseillan-plage. Ce sont des zones habitées à l’année qui ne devraient pas l’être.

Quel est l’avenir du bassin de Thau si on se base sur ces cartes ?

François Commeinhes : Il y a 120 000 habitants sur le bassin qui continuent à travailler, à se déplacer, à se loger. Et il y a la nécessité de développer la vie économique, de densifier l’habitat sur les zones d’emploi pour éviter les déplacements et l’émission de CO2. Il faut aussi répondre aux sollicitations de la population et de l’Etat qui nous demande de créer des logements. Tout réside en fait dans l’équilibre qu’il nous faut trouver entre les préconisations de l’Etat et les attentes de la population.
Christophe Morgo : Aucun. Le reproche que l’on peut faire à ces cartes, c’est qu’elles ont été faites par des ingénieurs dans des bureaux. Il y a des constructions qui ont été faites, il faut en tenir compte. Le bassin de Thau est un territoire prisé, trop prisé. Mais aujourd’hui il faut dire stop. Il y a des communes qui ont construit sur des zones humides ! C’est contre nature ! Les maisons sur le Lido c’est par exemple la porte ouverte à tout. Et les élus ne seront plus là quand la catastrophe se déclenchera…

Un élu peut-il assumer seul l’urbanisation des zones à risques ?

François Commeinhes : La charge d’élu n’est pas forcément de tout repos. Il faut savoir prendre ses responsabilités. Il y a des intérêts divergents à faire cohabiter.

Christophe Morgo : Un élu s’appuie sur son conseil municipal. Il y a discussion. Mais malheureusement, il y a trop d’argent. On promet des travaux d’aménagement, de sécurisation et… un jour ou l’autre, la nature reprend ses droits. Mais ici, sur le bassin, on est de plus en plus exposé, notamment à cause de la crise viticole : les vignes sont abandonnées, plus entretenues et cela entraîne plus de ruissellement. De plus, pour s’en sortir, les viticulteurs demandent que leurs terrains deviennent constructibles, ça bétonne et ça ruisselle encore plus…

Découvrez la carte des zones qui seraient touchées par une crue centennale autour du bassin de Thau.

François DORÉ et Philippe MALRIC