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25/05/2010

Earl of Pembroke – bienvenu à SETE.

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Midi Libre Édition du mardi 25 mai 2010

Sete. Le transport maritime à la voile jette son ancre au port

Photos Judy JANUARIUS
Le transport maritime à la voile jette son ancre au portCONTEXTE

Créée en 2008, la Compagnie de transport maritime à la voile (CTMV) est une société irlandaise dont l'activité commerciale est d'importer principalement des vins du Languedoc-Roussillon. Elle utilise des  qu'elle "loue" à différents armateurs en fonction de la taille de la cargaison. La société des alcools de Québec, premier importateur mondial de vins, utilise ce transport écologique.

Le développement de l'activité a incité les 15 associés de la CTMV à créer un bureau à Sète Pour assurer sa promotion ici, la société a fait visiter au public, sur le quai d'Alger, vendredi et samedi dernier, le Earl of Pembroke.

Qui l'eut cru ? Qui aurait pensé que le vent du commerce soufflerait à nouveau sur les voiles de ces fameux trois-mâts, construits dans un premier temps pour transporter des marchandises et qui, face à la concurrence des porte-conteneurs, n'accueillaient plus que des passagers en quête de sensations ?

Frédéric Albert, Jean-Jacques Vidal, Michel Perry et une dizaine d'autres personnes y ont non seulement pensé mais ont franchi le cap, en 2008, en créant la Compagnie de transport maritime à la voile (CTMV). Une idée géniale, à l'heure où la notion de développement durable induit un « transport propre, respectueux de l'environnement ».

Evidemment, pas question d'affréter des voitures, du bois ou du bétail. Non, dès l'avènement de la CTMV, c'est le transport de vin en bouteilles, sur palette, qui a été privilégié : « Ce sont des vins languedociens, élaborés dans le respect de la nature, que nous avons sélectionnés, souligne Jean-Jacques Vidal, directeur général. Du vin qui va en plus se bonifier pendant le voyage. » .

Les premières liaisons ont été opérées entre des ports français de l'Atlantique et l'Irlande, où est installé le siège de la CTMV, ainsi que le Danemark. La goélette Kathleen and May(construite en 1900), l'Etoile de France (goélette à huniers construite en 1938) et le Belem (construit en 1896) ont ainsi été loués à leurs armateurs pour livrer des sociétés britanniques telles que Gilbeys of Ireland ou encore Diageo, la plus importante entreprise mondiale sur le marché des alcools et spiritueux.

Malgré une année 2009 chaotique, dû au fait que le coût de ce type de transport se ressent sur le prix de la bouteille (+ 10 %), 2010 marque le véritable essor de la société. D'abord parce que la CTMV va affréter le Bessie Ellen (construit en 1904) pour livrer une cargaison de vin (28 palettes) à Montréal. Le contrat passé avec la Société des alcools de Québec (SAQ), premier importateur de vins au monde, en coopération avec le vieux Port de Montréal et la société de développement commercial du vieux Montréal (la CCI locale), offre désormais cette perspective transatlantique : « Le Kaskelot (construit en 1948) livrera ensuite 50 palettes.

A terme, la SAQ devrait réaliser 4 % de son flux avec le transport à la voile. » Une véritable manne pour la CTMV qui, dans la foulée, s'est mise à la recherche de locaux à Sète pour y installer un bureau : « On parle d'un jumelage entre le port de Sète et le vieux Port de Montréal. Faire partir les voiliers d'ici n'est pas pénalisant, au contraire puisque nous exportons des vins languedociens. Par ailleurs, notre présence à Sète pourrait nous permettre de développer notre activité en Méditerranée. Il y a beaucoup de produits naturels qui viennent du Maghreb. ».

Alternative au transport routier, la voile possède un atout majeur : « C'est 80 % de réduction des émissions de CO2 par rapport au transport routier et 30 % par rapport au transport maritime conventionnel. ».

Du coup, « pour coller au marché », la CTMV envisage même de faire construire « deux voiliers cargos modernes, un de 50 mètres pour l'Europe avec une cale pour 220 tonnes de marchandises et un trois-mâts de 80 mètres pour les liaisons transatlantiques, qui permettra l'acheminement de 800 tonnes de marchandises ».

La présence du Earl of Pembroke, vendredi et samedi dernier sur le quai d'Alger, constituait une opération promotion. Les badauds ont été conquis. Les décideurs devraient suivre.

Yohan DOUCET ydoucet@midilibre.com

VOS REACTIONS

25/05/2010 à 08h03 | gaby

C'est bien, c'est......folklorique dirais je. Parce que 20, 50 palettes de marchandises ou même 800 tonnes si ces voiliers cargos se font, ce sera toujours "peanuts" et trop cher comparé aux grands porte conteneurs over panamax qui transportent 80.000 tonnes de marchandise. Ils ont juste inventé le transport maritime bobo. Quant à relancer le port, ce sera plus de l'affichage qu'autre chose

25/05/2010 à 06h43 | villeroy

A moins qu'il ne s'agisse "d'équipiers" bénévoles, traversant l'Atlantique ou la mer d'Iroise pour le fun ou la conviction environnementale de naviguer sur des voiliers historiques, je ne vois pas comment ce transport peut être viable : 28 palettes font une semi-remorque ou un container 60', donc une valeur de prestation transport modeste

11:05 Publié dans Actualités, Nature/Environnement, Traditions | Lien permanent | | Tags : vieux gréements, transport à voile | | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |