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04/12/2014

Télérama : Une idée du futur proche en cinq innovations

Il y a plus singulier que l'Ile Singulière : la Singularity University

http://www.telerama.fr/monde/une-idee-du-futur-proche-en-...

Booster ses capacités cérébrales, imprimer des organes vitaux en 3D, conduire sans volant et sans accidents… De la créativité, comme s'il en pleuvait. A l'Université de la singularité, c'est déjà demain.

Les 19 et 20 novembre 2014 avait lieu le premier congrès européen de l’Université de la singularité à Amsterdam. Face à plus de neuf cents entrepreneurs, les ingénieurs de la SU (Singularity University) se sont relayés dans des présentations ultra-rodées pour vendre au public un futur fait de nanotechnologies, de capteurs sensoriels, de médecine exponentielle ou d’impression en 3D… Entre prophéties transhumanistes flippantes et innovations fascinantes, nous avons retenu cinq technologies qui annoncent le monde de demain.

Le séquençage de l’ADN démocratisé : la révolution du biohacking

La technologie : le séquençage de l’ADN permet de tracer la carte d’identité génétique d’un homme, d’un animal, ou d’un végétal. Il est en passe de se démocratiser, son coût, jadis astronomique, devenant de plus en plus faible (1 000 euros environ aujourd’hui). Mais à quelles fins ?

La mise en pratique : grâce au biohacking, on peut par exemple fabriquer du fromage simplement à partir de levure. Plus utile, il permet aussi de mieux connaître le fonctionnement des bactéries. « Pourquoi pas un jour prescrire des yaourts personnalisés pour rééquilibrer les métabolismes », suggère ainsi John Mac Cauley, un ingénieur de la SU, prophétisant un futur plein de bifidus actif.

Le séquençage rendra aussi possibles des manipulations sur les gênes eux-mêmes grâce à une nouvelle méthode, baptisée CRIPR, déjà utilisée sur le riz, la levure, le ver à soie, la souris, le rat et… des cellules humaines. « Combien de temps avant la manipulation génétique sur les humains ? », questionne Mac Cauley.

Des sociétés font en tout cas déjà usage du séquençage : le Parabon snapshot nanolab a ainsi mis au point un logiciel capable de recréer un visage à partir d’un ADN prélevé au bout d’une cigarette. L’entreprise AC Venter est quant à elle parvenue à recréer un ADN synthétique. Son projet Arctic Apple a débouché sur la création de pommes qui ne pourrissent ni ne brunissent une fois ouvertes.« Impossible de s’opposer au progrès », nous a confié Salim Ismaïl, porte-parole de la SU lors d’un entretien. Effectivement.

Les biosensors (capteurs biologiques) : vers le brain hacking

La technologie : enregistrer l’activité du cerveau pour interpréter ou en retranscrire le contenu et, éventuellement, influer sur son fonctionnement.

La mise en pratique : le Neurosky Mindwave, un casque disponible à l’achat sur Amazon pour 80 dollars, mesure les signaux émis par les ondes cérébrales afin d’évaluer notre niveau d’attention. Associés à des jeux ou des programmes éducatifs, il est censé « apprendre à contrôler son cerveau et optimiser la concentration ».

Plus fascinant (et inquiétant), le Dream catcher : cette machine, mise au point par une équipe de scientifiques japonais, enregistre les mouvements du cortex pendant le sommeil et se révèle capable ensuite de retranscrire le contenu de nos rêves (avec une fiabilité de 60%). On se rapproche doucement d’Inception.

L’impression 3D : matériaux, nourriture et… organes vitaux

La technologie : fabriquer soi-même ses assiettes, ses lampes…, sous-traiter la fabrication de pièces industrielles ou même produire des organes vitaux pour la médecine, voire de la nourriture pour le secteur de l’alimentation.

La mise en pratique : la Formule 1, domaine qui utilise le plus cette technologie, crée depuis longtemps des pièces uniques qu’elle teste sur les voitures de course. L’impression 3D sert aussi à pallier des défauts de fabrication, courants dans l’industrie malgré tous les contrôles qualité (sur l’avion présidentiel américain Air Force One, des spécialistes se seraient amusés à lister tous les défauts qu’ils y trouvaient).

Aux Etats-Unis, l’organisation America Makes soutient et développe la pratique dans tous les domaines : design, matériaux, technologie, main-d’œuvre. Mais surtout, l’impression 3D fait aujourd’hui son apparition dans la médecine : la firme Organovo se targue ainsi de pouvoir fabriquer des tissus humains, vascularisés et utilisables ensuite pour des greffes. Prochain horizon : l’impression d’organes vitaux.

Evidemment, avant tout cela, le secteur de l’alimentation aura aussi intégré la technologie, pour la fabrication de hamburgers ou d’Oreo au Nutella, au choix. On aura aussi peut-être construit une base lunaire, toujours en impression 3D.

La voiture autonome et les routes intelligentes

La technologie : des voitures sans volant ni conducteurs et des routes dont la signalisation s’adapte aux conditions extérieures (temps, accidents, objets, etc…). L'objectif étant de diminuer les accidents de la route et rendre les déplacements plus sûrs.

La mise en pratique : Brad Templeton, membre de l’Université de la singularité et l’un des concepteurs de la Google Car, prône l’avènement des véhicules autonomes, ces voitures sans volant dans lesquelles nous seront simples passagers. Selon lui – et donc dans une relative subjectivité –, cette technologie est susceptible de diminuer de manière drastique le nombre de morts sur les routes dans le monde (1,2 millions chaque année).

A voitures futées, routes intelligentes. C’est le projet porté par le designer et artiste Daan Roosegaarde (et le constructeur hollandais Heijmans), qui est venu présenter« Smart highways » au congrès de l’Université de la singularité. Le concept ?« Construire des routes durables et interactives à travers des moyens d'éclairage intelligents, le recyclage énergétique, et des panneaux de signalisation qui s’adaptent aux conditions de circulation » (temps, accidents, objets…).

Concrètement, imaginez des routes dotées de bandes signalétiques non pas blanches, mais d’un bleu fluorescent, s'éclairant grâce à la lumière emmagasinée la journée ; des symboles phosphorescents (flocons, pluie) qui apparaissent sur l’asphalte en fonction de la température ; des éclairages contrôlés par capteurs qui s’éteignent quand la route est vide ; des voies qui offrent aux voitures électriques la possibilité de se recharger par induction, tout en roulant !

La médecine exponentielle : auto-suivi et docteur à la demande

La technologie : prendre rendez-vous avec un médecin comme on réserve une table au restaurant, sur son smartphone ; « checker » son corps comme on regarde ses e-mails, vingt-cinq fois par jours, pour prévoir les dysfonctionnements.

La mise en pratique : voici venue l’ère de la médecine à la demande : des sites américains comme Medicast, Doctors on demand permettent aujourd’hui de prendre rendez-vous ou de faire appel à un médecin 24h/24, comme on commanderait une pizza ou un taxi.

Avec les smartphones, on est aussi à l’aune de l’auto-suivi médicalisé, au quotidien. Grâce à des capteurs sous les vêtements et tout un tas d’applications, chaque compartiment de notre santé pourra être observé. Des instruments comme Alive Corpermettent de suivre son rythme cardiaque constamment.

Le vital connect Healthpatch, un patch à placer sur la peau, le Scanadou, stéthoscope digital de la taille d’un biscuit, ou la Healthwatch, la « montre santé », remplaceront une consultation de routine chez le médecin en fournissant des informations en temps réel sur votre tension, votre température, ou même votre niveau de stress.

Avec l’idée que ces données seront envoyées directement à votre médecin en cas de souci. Comme l’explique Daniel Kraft, physicien et détenteur de la chaire de médecine à l’Université de la singularité : « Le médecin du futur pourrait être celui qui vous prescrit une application plutôt qu’un médicament. »

00:34 Publié dans 1.4 Innovation & Numérique | Lien permanent | | | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |