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17/01/2014

Evolution de la population sur le Bassin de THAU

De "Hérault Tribune" :

http://www.herault-tribune.com/articles/19811/chiffres-de...

Sur le territoire du Syndicat mixte du Bassin de Thau – les 14 communes du territoire de Thau-  la population légale est désormais de 121 638 habitants soit une augmentation de 2104 habitants.

A l’intérieur du territoire, Thau agglo accueille 1149 habitants de plus et  955 pour la CCNBT.

Au palmarès des villes qui gagnent le plus grande nombre d’habitants, on trouve en toute logique à la première place Sète avec 634 habitants, suivie de Mèze (441), Poussan (293), Frontignan (193) et Villeveyrac (186).

Alors  que le taux de croissance était très fort à la fin des années 90 et jusqu’en 2006 (plus de 2% par an sur l’ensemble du territoire), il ralentit à partir de 2006.

Sur la période 2006-2011, il est plus que de 1,02%. Soit un point d’écart ; suffisant pour dire que la croissance diminue.

Ramené sur les 10 dernières années (99-2011), le taux de croissance annuel sur le territoire de Thau est de l’ordre de 1,63%.

Dans le détail, le ralentissement est plus flagrant sur le territoire de Thau agglo (+0,66% par an de 2006 à 2011)  que sur la CCNBT (+ 2,41% sur la même période).

Pour parvenir à un mode de développement harmonieux le SCOT visera donc à équilibrer le développement entre parties nord et sud du territoire pour les 20 prochaines années et privilégier la construction dans les zones déjà urbanisées.

Autres données


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09/01/2013

FritureMag 9/1/2013 Petite balade à Sète par Ludo SIMBILLE

A lire sur cette page http://www.frituremag.info/Actualites/Petite-balade-presq... – Complément pêche http://www.liberation.fr/terre/2012/09/04/a-sete-la-filie...

 

Wikio Mots clés : ,

Aménagement des territoires (Version longue)

 

Petite balade (presque) touristique à Sète. Entre ciel, mer et béton


9 JANVIER 2013, PAR LUDO SIMBILLE

En cale, des touristes collés aux vitres de la vision sous-marine. On quitte le port par le Canal Royal. Slalom entre bateaux nautiques, petits métiers de pêche et chalutiers. Le guide égraine les « charmes indéfinissables » de la cité portuaire devant l’auditoire du radeau médusé. C’est parti pour une petite promenade dans le Sète bouleversé par l’urbanisation et la perte de son passé pêcheur ! Enclave entre mer et étang.

Son soleil, ses joutes, ses quais, ses pêcheurs, sa gastronomie, (ses clichés ?), sa proximité avec Montpellier, l’île si singulière attire de plus en plus de monde. De 320.000 à 400.000 séjourneraient à l’an.
Le maire UMP François Commeinhes l’a bien compris. Fort d’une très grande capacité d’accueil, dixit le schéma de cohérence territoriale1, il mise sur le tourisme et les nouveaux résidents pour remettre à flot l’économie. Depuis dix ans, il multiplie les opérations d’urbanisation. De quoi friser l’apoplexie, accusent ses détracteurs.
« Faire entrer Sète dans le 21ème siècle… », « Sète 2.0 une ville en mouvement, naturellement. » Quitte à ce qu’elle perde ses lagunes, sa pêche voire ses habitants. Pas dit que le coin de paradis n’y perde pas au change… Pardi !

Canal Royal

« Le tourisme de masse a chassé les pêcheurs ». A la barre, Antoine parle en connaissance de cause. Près de vingt ans que ce marin-pêcheur promène l’estivant. Du temps de ses aïeuls, il n’y avait pas de demande jusqu’en avril. Aujourd’hui, même avec la crise, la saison court de février à la Toussaint voire à Noël. On parle de son passé et de ces marins qui ouvrent des restos pour s’en sortir. « Y’a même pas d’aide à la reconversion. Je crache pas dans la soupe mais je suis malheureux de voir la pêche en train de mourir ».
Sur son chalutier Jean, 52 ans, ne dit pas autre chose. « Y’aura plus de pêcheurs, c’est fini ». Loin sont les années 90 où les patrons gagnaient des millions grâce aux anchois, aux sardines, aux thons. « L’or bleu ». « Maintenant, une semaine t’es à quai pour réparer ton moteur, 0€. L’autre, tu fais 3000 € avec la daurade. » Entre 1990 et 2005, le 1er port méditerranéen a perdu 45 % de sa flotte. Restent une dizaine de thoniers, une vingtaine de chalutiers. « Cette année il y a dix bateaux qui partent au déchirage, dix ! ». La faute au prix du gazole et à l’Europe qui impose ses quotas. Incités par une subvention à 60 % du prix de vente, certains patrons ont vendu leurs bateaux pour acheter des plus gros et gagner plus. « S’ils les avaient gardés, aujourd’hui ils feraient moins d’argent mais ils survivraient. »

Mas du Barrou

Côté Thau, situation pas plus reluisante.
Dans son mas de pêcheur-conchyliculteur au Barrou, Manuel Liberti ne compte plus que 300 professionnels sur l’étang contre plus de 1000 à ses débuts, fin des années 80. Et jusqu’à 90% de récolte ostréïcole en moins. Des coquillages en proie à l’herpès-virus ou autres toxines. Plusieurs facteurs en cause, mais la pollution de l’eau est liée aux infrastructures portuaires et au développement urbanistique sur le littoral. Au dam de la biodiversité. Point bas de Thau, la lagune est le réceptacle de bassins versants tels que la Crique de l’Angle à Cournonterral. Sans compter l’essor du tourisme fluvial. Y traversent à l’année 15 000 pénichettes pas toujours équipées pour la récupération d’eaux grises…
« Il n’y a pas que le pipi-caca des gens qui pose problème, mais comment tu remplis ta piscine, tu laves ta voiture… » Le Scot fait état d’épuration d’eaux usées et d’efforts d’assainissement. Ça corrige un peu, admet Manuel, mais au profit d’une urbanisation permanente. « C’est le vice sans fin ».

Plaisance

Face à leur avenir menacé, les travailleurs de l’étang revendiquent un aménagement du territoire respectueux de toutes les activités. Donc un soutien politique. « Quand on fait grève, le maire nous soutient mais qu’est-ce qu’il peut faire ? » lance Jean. « Faciliter les infrastructures et les services dont un port a besoin pour se développe », répond François Liberti, père du fils. Cet ancien maire communiste avait bien un projet avalisé par l’Etat. La création d’une zone de services avec carénage et regroupement de la mécanique et de l’électricité marines. Mais élu en 2001, François Commeinhes abandonne l’idée. « On a foutu en l’air un projet de 60 millions d’euros et 150 emplois pour rien. On est en 2012, pas l’ombre d’un boulon n’a été installée ». Les autorités ont d’autres idées pour Sète. 200 000 € ont été injectés en 2010 pour rénover le terminal croisière, quai du Maroc. Sète, escale privilégiée en Méditerranée. « Au lieu de dire, s’emballe Antoine : “on va aider les pêcheurs“. Eux c’est “débrouillez-vous, mourez ! Si vous êtes plus là on amènera des gros yacht“ ». Car ces navires de plaisance sont d’une « originalité attractive », selon le Scot.

Port de commerce

Côté commerce, la Région, propriétaire du port depuis 2007, annonce 300 M€ sur dix ans pour booster le trafic de marchandises. Trop tard, constate Gilles Manan. Céréales, viandes, minerais, le 12ème port français est en « bonne activité » mais soumis aux marchés de la mondialisation. Plusieurs paramètres font qu’un cargo entre au port : prix de la tonne, temps d’attente, qualité du matériel. « Il y a eu beaucoup de laisser aller », avant il existait une volonté patronale que les bateaux viennent à Sète. Docker depuis l’enfance, Gilles parle de l’évolution du métier (réforme de 1993 et arrivée d’intérimaires). Avant perçu comme « une punition, maintenant comme un privilège. Ça disparaîtra ». Ou perdurera sous d’autres formes. Aujourd’hui, le port développe les navettes vers le Maroc. La modernisation du terminal passager vise à accueillir entre 600 000 et 900 000 personnes à la faveur des compagnies de Ferries.
Au portail du parking de la gare maritime, Aziz, le gardien confirme.
Arrivé du Maroc en 1965, Aziz évoque la fermeture de tous les petits restos au profit d’attrape touristes. De tout le travail parti aussi, délocalisé. Et ça risque de ne pas s’arranger.

Entrée Est

Route de Montpellier. On distingue le port. Armatures, silos, grues. Puis le long du canal des usines à l’abandon et des enseignes commerciales. Vestiges industrialo-portuaires trop XXème siècle au goût de la mairie. Ces « friches et activités déclinantes » doivent faire place à une « aire de développement urbain à vocation résidentielle et économique, créatrice d’emplois, de services et de cadre de vie agréable ». Entre la gare SNCF et le port, sont prévus 1700 logements sur 110 000 m2 et 70 000 m2 de commerce ! Alors tant pis pour la trentaine d’entreprises et leurs centaines de travailleurs présents sur le périmètre. La tentative de déclaration d’utilité publique permettant d’exproprier les habitants de la zone ayant échoué, certains propriétaires subiraient des pressions pour aller faire du bruit ailleurs. Ce n’est pas le PPRI, destinant les remblaiements de terrain à l’activité économique et non aux logements, qui arrêtera le projet. La préfecture a rabaissé sur demande de la mairie la limite NGF (Nivellement général de la France) de + 2m à + 1,5m4. Et c’est SA Elit, société d’aménagement de la ville, qui se porte acquéreur des îlots pour les revendre aux opérateurs.
Symbole du lifting urbain : un bâtiment détonne quai des Moulins. Tout de verre tapissé d’inscriptions fluos, le nouveau siège social de Proméo, un des gros promoteurs de la ville. En mouvement, naturellement.

Entrée ouest

Route du lido. A deux pas des flots bleus, des maisons basses carrées au toit plat. Teint gris. Sorte de blockhaus pour réfugiés héliotropiques. Pas vraiment le type méditerranéen du centre-ville. Au pied de la colline du Ramassis, un trou immense. Ici la ville construit le quartier des Salins. 500 logements sur d’anciennes salines, marais qui servait de « tampon » à la montée de la mer, selon les Verts. D’où les 150 000 m3 de remblais.
Les Salins complètent les 40 ha du triangle de Villeroy sorti récemment de terre sur ces zones inondables6. Des immeubles standing type lotissements littoraux version balnéaire. Construits juste devant la fenêtre de Catherine Chauzit, de l’association de défense environnementale « Gardiens de Thau ses ports et sa lagune ». Pourtant, la mairie avait assuré qu’un tel projet n’était pas prévu. « On m’a menti ». Sept mois après son installation, les pelleteuses montraient le bout de leur nez. « Ça ne répond à aucun besoin de logements, la plupart sont des retraités. Des étrangers qui ont acheté pour villégiature ». Ils ont le droit de venir contempler les flots. « La ville peut s’agrandir, mais en bonne intelligence et en respectant l’environnement. Là, c’est que du foncier ».

Béton spéculatif

Du « béton spéculatif » enfonce l’élu communiste. « Les vrais patrons de la ville, c’est Kaufman & Broad, Languedoc Equipement, Groupe Proméo… » Avec un taux de chômage aussi élevé que le Mont Saint Clair (16 %) et une forte population à faibles revenus, la municipalité espère renflouer ses caisses grâce à la pression immobilière. Et ça semble marcher. Selon la chambre régionale des comptes, la taxe foncière sur propriétés bâties s’élève à 18 points de plus que la moyenne des communes de même strate et à 10 points de plus pour la taxe d’habitation. « Tant mieux si ça peut me permettre de payer moins de charges », s’accommode Jean. « Ce que le maire dit moins, souligne F. Liberti, c’est que ça modifie la sociologie : une population plus conservatrice qui lui assure des gains électoraux. » A 3600 euros le m2, ça donne une idée de qui peut vivre à Villeroy. Stabilisation des prix, se défend François Commeinhes. Pour sûr, ils ont déjà atteint des sommets en 2012. Selon l’Adil 34, les prix des loyers varient de 300 € pour un T1 à 1200€ pour une maison.
Quid des logements sociaux ? Du haut de gamme, affirme l’opposition. L’équipe municipale vante ses 18% en dessous des 20% imposés par la loi SRU. Sans préciser que beaucoup sont des PLS, la gamme supérieure et non des PLUS, les HLM plus accessibles. 1400 habitants seraient en attente de HLM. Conséquence, nombre de Sétois désertent le centre et partent habiter sur les villages en pourtour du bassin de Thau. Poussan, Frontignan, Balaruc…« Un loyer abordable pour quelqu’un au Rmi, il n’y a qu’à l’Ile de Thau qu’on le trouve. »

Ile de Thau

« Viens voir ma ZUP elle fait pas de miracle » [Demi-portion, rappeur sétois]

Le verso de la carte postale sétoise. Quoique des immeubles ont pleine vue sur le bras de l’étang de Thau au milieu de la cité. Quelques petits bateaux accostés. Mohamed et Malick moulés par leur combinaison de plongée y pêchent à la main. Récolte pas mauvaise : des huîtres et des moules que les deux « associés » nettoient. Ce lundi de juillet, c’est jour de marché. « Le seul où les gens se mélangent. C’est le moins cher du coin alors les gens du centre, Frontignan, Balaruc, ils viennent. » Jeunes, vieux, bobos, maraîchers, chibanis se côtoient. Sinon ? « On est de plus en plus isolés. Les jeunes ne vont plus en ville les jours où il n’y a pas de bus. Il n’y a plus de liens on est bloqué ».
La « ZUS » de Sète9 est un quartier d’immigration, surtout celle des années soixante, d’Afrique du Nord. F. Liberti y habite. Il explique. Du temps de l’immigration italienne c’était le Quartier haut. « L’Ile de Thau de l’époque ». Les mêmes phénomènes se sont déplacés. Sans ascenseur social, les conditions sociales se sont dégradées. Ici, des Smicards, des chômeurs, des « rsaistes ». « Ghettoïsation sociale ».
Sur la passerelle, Patricia, la cinquantaine, renchérit en rentrant du marché.« On nous a concentré, trop de bas revenus. Dans ces cages à poules, si quelqu’un pète, tout le monde l’entend ». Plus de vingt ans que cette aide ménagère diplômée en commerce habite le quartier. « C’est de pire en pire ». Petite pêche clandestine, petits biz, voitures qui brûlent. « Ils sont pas méchants les jeunes. Que voulez-vous qu’ils fassent ? Y’a plus rien pour eux. »Deux jeunes tuent leurs deux mois de vacances avant leur entrée en 6ème.« L’été ? Ben on va à la plage ou pêcher la palourde ici ou au Barrou. »
— Pour les manger ?
— Non, on les vend
— A qui ?
— A quelqu’un.

A évoquer les projets d’aménagement sur le quartier, Patricia se gausse. « Je ne sais même pas si le maire est déjà venu ». En avril, en fait. Face à la grogne des habitants il a proposé plus de policiers. Dans une lettre, il a promis de rénover certains immeubles. Ici « c’est un combat permanent » pour avoir les services publics. L’an dernier, la municipalité a fermé la maison de quartier. Il y a bien le centre social Nicolas-Gabino sous égide municipale. On est loin du temps de la maison de quartier ou du centre « la Péniche », estime Malik, ancien éducateur. « Gabino, personne n’est au courant, ils ne diffusent pas l’info » . Les écoliers : « on y va un peu mais c’est chiant ». Rien à voir avec des activités émanant des habitants, résume l’ancien maire à l’origine de ces lieux. Ne pas apporter aux habitants « un objet de consommation, c’est la démarche citoyenne d’éducation populaire ».

Festival de festivals

Peut-être pas la priorité de la ville. La culture ? Un « atout essentiel du tourisme », a déclaré F. Commeinhes lors des 7èmes assises du tourisme à Thau.
Hasard du calendrier ou cohérence politique, la maison de quartier fermait au moment où s’ouvrait la 2ème édition du festival de poésie en Méditerranée, Voix Vives10. « Je le lie, explique la cinéaste Hélène Morsly, parce qu’il nous manque cruellement de lieux pour toute action culturelle, sportive… » Hélène filme la vie culturelle sétoise depuis plusieurs années. Pas celle des musées, ni des théâtres, celle des pratiques. Plusieurs mondes, plusieurs films. « Aujourd’hui, c’est la démarche inverse de celle qui réunit éducation populaire et culture ». Celle chère à l’enfant du pays célébré par l’exposition : « Dans les pas de Jean Vilar ».

Quand je pense à Fernande, ImageSingulières, K-live, Escale à Sète, Jazz à Sète, Voix Vives, Worldwide… Pas moins de sept festivals en tous genres jalonnent la saison estivale. « Tant mieux, ça bouge et fait vivre le commerce ». Mais Antoine prévient : « les choses culturelles intéressent les Sétois tant que ce n’est pas que pour les vieux. Sète c’est pas Nice. »

Montmartre

Au Bar du plateau. QG des « poètes de la mer », ceux de Voix Vives. La taulière présente fièrement son mur d’or. Des phrases de touristes venus des quatre coins du monde. Accueille l’étranger, un jour tu seras étranger toi-même ! La barmaid a fait sienne la devise. « Après vous allez en trouver des critiques, les Sétois au verbe haut c’est pas ce qu’il manque ». Du Sétois râleur contre leurs rues encombrées de poètes ? Pas que. « De la culture ou du fric ? Interroge Louis D’Isernia. On peut faire la relation avec l’immobilier à Sète. » Certains festivals seraient des produits d’appel aux « estrangers » qui « achètent ensuite une maison puis les prix grimpent. Je suis pas anti-fric mais c’est en train de vider la ville de ses habitants ». Hélène, toulousaine d’origine, s’en étonne presque : « C’est vrai que c’est beau, mais pourquoi toujours vouloir acheter ? ».

Bourgeois populaires

Fût un temps c’étaient les villas du Mont Saint-Clair- ces HLM, habitats à loyers monstrueux, s’amuse le moussaillon de la navette touristique- qui remplaçaient les baraquettes, cabanons de villégiatures pour pêcheurs. De nos jours ce sont les ports de la Pointe Courte, du Barrou ou le vieux centre. Etals de fruits de mers, mailles de filets, barques au repos et mas de pêche allèchent les acheteurs en mal de pittoresque. « Personne ne voulait y aller quand je suis arrivé au Quartier haut, se souvient Gilles. Il y a un côté très bourgeois, je pense : ça fait bien de se faire voir dans les quartiers populaires ».
Avec ce paradoxe : chasser ce qu’on vient chercher. Le port, ses odeurs, son bruit, ses cordages, ça peut gêner le riverain nouveau. Pas tous bien sûr. Il en est avec qui la cohabitation est au beau fixe. Comme cet « étranger » (à la région) devenu travailleur de l’étang. Ou ce viticulteur tarnais qui paye son coup depuis trente étés… « On a des gens intellectuellement plus ouverts que certains qualifient de bobos. Et des crétins de base qui ont quatre sous et n’acceptent rien des autres », soupire M. Liberti. Ceux qui signaient des pétitions, du temps où son père était maire, pour se plaindre qu’un port accueille des bateaux. Fumée, sirène. Oui le travail c’est sale ! Ironise-t-on.

Sète n’échappe pas au processus de gentrification en cours dans plusieurs villes. Phénomène sociologique lent qui bouleverse les populations. Avec la montée de la valeur du foncier, les populations traditionnelles - ouvriers, marins, dockers - laissent l’habitat à des gens du commerce, du service ou des retraités. Constat amer. « Non seulement nos enfants feront pas nos métiers, en plus ils pourront pas se loger ici ».

Grande Motte

Brise-lame à la marée de béton qui a submergé la région dans les années 60, Sète s’est longtemps distinguée de ses voisines Grande Motte ou Cap d’Agde, boîtes à touristes qu’on appelle stations balnéaires… Comme ailleurs, consommation de masse uniformise ici le savoir vivre. Non figée, la culture sétoise demeure intrinsèquement liée au port. Précisément ce qui la rend attractive. « J’ai jamais surpris un touriste en train de prendre en photo la barre de béton sur la plage. Plutôt rester en extase devant l’étang, la Pointe Courte ». Et d’ajouter qu’une ville ne peut vivre que sur des taxes. Pêche et tourisme peuvent cohabiter, plaide-t-il. « Sinon, c’est que pour l’été et ça devient une ville fantôme dans dix ans ! ».

Folklore

Si c’est jouter ou pêcher, ça existera encore. « Il suffit de payer des gens pour »ironise Louis D’Isernia, dirigeant de société de joutes. « On profite beaucoup de notre image ». Il se plaint d’être ridiculisé comme au tournoi des journalistes, en ouverture de la fête de la Saint-Louis. Jouteurs en tête de gondole de la Venise languedocienne ? « De l’hypocrisie. On en a pas besoin, nous on fait vivre une culture ».
De la bonne folklorisation. Où l’image ne correspond plus au vécu. Recréer une identité de façade à moindre frais sur le mode : ici travaillaient des travailleurs… Où l’office de tourisme paierait des pêcheurs pour jeter le filet sous l’œil des curieux. Le passé industriel est un « cœur d’image valorisable », d’après le Scot qui préconise l’agrotourisme. De belles « opportunités à saisir pour développer les conditions de vie et d’activités satisfaisantes pour les habitants ».
Au moins de ce côté, ça pêche encore.

4 Messages de forum

  • #Petite balade (presque) touristique à Sète. Entre ciel, mer et béton LE 11 JANVIER À 15:49 , par Cristian

    Jesuis un peu etonné par les lignes sur la peche. Certes, et je le precise aussitot, je n’ai aucune competence sur la question

    mais il m semble qu’on parlait de surpeche, de la necessite de limiter la flote , du refus des subventions... Avec pour consequene, l’arrivee de bateaux lybiens qui se foutnt des reglementations

    il me semble que ces infos auraient du etre integrees à l’analyse

    Répondre à ce message

    • #Petite balade (presque) touristique à Sète. Entre ciel, mer et béton LE 11 JANVIER À 18:29 , par Ludo S.

      Bonjour,
      le problème de la pêche à Sète actuellement est complexe.

      de ce qu’en disent les pêcheurs rencontrés :
      La faute au prix du gazole et à l’Europe qui impose ses quotas (du fait sûrement de la surpêche dont vous parlez notamment pour le thon rouge). Incités par une subvention à 60 % du prix de vente, certains patrons ont vendu leurs bateaux pour acheter des plus gros (incités par l’UE) et gagner plus. « S’ils les avaient gardés, aujourd’hui ils feraient moins d’argent mais ils survivraient. », expliquait Jean présent dans l’article.

      un article de libération paru cet été sur la situation à Sète :http://www.liberation.fr/terre/2012...

      quant aux bateaux libyens, si vous avez des infos....
      Bien à vous
      merci.
      LS.

      Répondre à ce message

      • #Petite balade (presque) touristique à Sète. Entre ciel, mer et béton LE 12 JANVIER À 12:51 , par Cristian

        En cherchant rapidement sur le net , j’ai trouvé ceci et à l’époque, j’avzis lu ces infos à plusieurs reprises
        lors d’un passage à séte , il me semble meme que j’avaisss vu des thoniers avec des inscriptions en arabe. Jee chercherai ds mes archives

        http://archives-lepost.huffingtonpo...

        Répondre à ce message

        • #Petite balade (presque) touristique à Sète. Entre ciel, mer et béton LE 13 JANVIER À 19:39 , par Christian

          Pour une phot d’un bateau de peche immatriculé a tripoli (en prime, on comprend), merci de m’envoyer une adresse mel

23:55 Publié dans Bilan et perspectives, Coup de coeur/Coup de griffe, Politique | Lien permanent | | | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

20/05/2010

Revue de Presse – Conseil Municipal du 18 Mai 2010

Midi Libre SETE Édition du jeudi 20 mai 2010

Conseil Municipal - Des chiffres, encore des chiffres et une lettre

Des chiffres, encore des chiffres et une lettre

Photo V.A.

Quarante-sept points à l'ordre du jour du conseil municipal de mercredi soir salle Brassens. Pendant quatre heures et demi, la majorité a voté comme un seul homme sans se poser de questions, l'opposition s'est opposée avec une belle régularité, et le public s'est ennuyé. Ferme.

Et ce n'est pas la présentation du compte administratif 2009 par le premier adjoint Antoine de Rinaldo qui a réveillé l'assemblée. Des chiffres avec virgule énoncées pendant deux heures pour aboutir à cette conclusion : un excédent de 8,6 M€ en fonctionnement, un besoin de financement de 4,5 M€ en investissement.


Après avoir digéré ce passage obligé de la vie démocratique, l'opposition s'est inquiétée d'une augmentation de la dette : + 20 % depuis 2001. Quoi d'autre ?

  • Une nouvelle polémique sur le festival Voix Vives (lire ci-dessous), les interrogations de Véronique Calueba-Rissolo sur le festival Worldwideun tourneur sans accroche locale »),
  • une joute verbale (sur roulettes) entre le maire et Janine Léger à propos de l'Alae (Accueil de loisirs associés à l'école)
  • ou encore une fausse note de Marion Devineau sur la surveillance des plages : « Si ça c'est si bien passé l'an dernier avec la fédération de secourisme, pourquoi avoir écrit aux pompiers pour leur demander de reprendre du service ? » « Je n'ai jamais écrit aux pompiers pour une telle demande », a répondu François Commeinhes. Marion Devineau a reconnu la méprise et s'est replongée dans ses dossiers.

L'élue avait été plus percutante au sujet de la SA Elit en dénonçant la multiplication des DUP (déclaration d'utilité publique), « un outil coercitif qui menace les habitants d'expropriation ».

Jacques Montagard a enfoncé le clou : « Nous sommes évidemment favorables à la réhabilitation de ces quartiers mais rien n'est fait ni n'est dit sur la question sociale. »

Pas de quoi émouvoir Emile Anfosso, l'adjoint à l'urbanisme : « Je n'ai eu connaissance que de cinq dossiers difficiles. Et je suis prêt à recevoir tous ceux qui sont mécontents ou inquiets. » Ça risque de lui prendre un peu de temps.

F.D.

VOS REACTIONS

20/05/2010 à 10h26 | combattante

Quel beau combat contre ce mégalomane de service, Marion Devineau a bien défendu, ses dossiers bien analysés, la population sétoise sur des points très sombres que l'on veut nous faire avaler. le maire n'est pas sorti gagnant de ces échanges de paroles surtout au sujet du PPRN. (plan de prévention des risques naturels)....ou il s'est embourbé dans des explications hasardeuses !!!!

 

Compte rendu de tous pour Sète

Mercredi 26 mai

http://www.touspoursete.fr/spip.php?article464

47 questions à l’ordre du jour…

Et finalement, comme d’habitude, aucun vrai débat : pour la majorité, la messe est dite avant qu’elle ne commence !

Le Maire, avant l’ouverture de la séance du Conseil a tenté d’ouvrir une polémique en faisant publiquement état d’une correspondance privée adressée à un Conseiller Tous pour Sète, correspondance qui, elle même, se référait à certains propos rapportés, propos tenus eux-mêmes dans le cadre d’une discussion privée. En vain. Mais que dire de la manœuvre ? Quelle moralité !

Entrant dans le vif du sujet, Sébastien ANDRAL a, une fois de plus, pointé les défauts structurels et récurrents du budget de la Ville (frais de personnels en constante augmentation malgré les transferts de compétences et d’agents à l’Agglo et le blocage des salaires des fonctionnaires territoriaux, déficits chroniques de certains services, celui des transports notamment, recours spontané à l’emprunt,...)

Le budget de l’eau a, une fois de plus, amené les élus d’opposition, non : de proposition !, à mettre en cause la délégation du service public et la gestion du fermier, VEOLIA, complaisamment tolérée par la majorité, aux frais des Sétoises et des Sétois >o<-. Tant de villes reprennent la gestion de l’eau en régie directe, pourquoi pas Sète ?

En matière d’urbanisme, le Maire s’entête, contre vents et marées. Le mépris des besoins sociaux et des habitants touchés par les opérations de rénovation immobilière (on ne reloge pas : on chasse) est toujours sa ligne de conduite, mise en application par M. ANFOSSO. Jacques MONTAGARD est encore monté au créneau (Île Sud -o-, quai des Moulins -o-, entrée Ouest -o-.

Le Maire a demandé au Conseil d’entériner le choix de transférer, en l’éloignant de la ville, la caserne des pompiers. Nous pensons que cette décision n’est pas bonne pour la qualité et la rapidité des interventions de secours tant sur la ville que sur le port ou les zones industrielles -o-. Mais peut-être a-t-il d’autres projets pour l’actuel terrain de la caserne ?

Et voici le temps des festivités.....

Le dernier week-end du mois de mai sera consacré aux activités nautiques. "Escale à Sète - Fête des traditions maritimes" permettra la mise en valeur de différents acteurs du nautisme dans notre cadre qui leur est indéniablement dédié. Mais un "truc bling bling" vient s’y greffer et Véronique CALUEBA-RIZZOLO pose quelques questions... -o-

Au mois de juillet, entre "Jazz à Sète" et "Fiest’à Sète", va s’insinuer "Voies Vives".

Une convention entre l’association "Libre culture" porteuse de cette manifestation (dirigée par Mme. BILLY et sise à 34700 LE BOSC) et la Ville est proposée à l’approbation du Conseil, convention qui précise, entre autres, que (article 7) " la Ville de Sète pourra faire la publicité de la programmation du festival et des spectacles qui y sont présentés, sous forme de dépliants mais aussi d’espaces publicitaires loués dans la presse écrite ou sur les radios ".

L’association reçoit déjà une subvention de 68 000 euros.  Or le Maire vient de signer, dans le cadre de son pouvoir de décision, deux chèques, l’un de 29 900 euros pour missionner une agence de communication pour ce festival (2 avril 2010) et un autre (20 avril 2010) pour louer plusieurs logements destinés à accueillir les artistes du festival pour un total de3 851,40 euros. Les deux chèques sont prélevés sur la ligne budgétaire ... du Musée Paul Valéry. Ah bon ?

Véronique CALUEBA-RIZZOLO et les Elus Tous pour Sète s’inquiètent..... pour les finances locales. -o-

Pour avoir accès aux interventions sur les sujets abordés, cliquer sur le signe -o-  qui suit l’évocation du sujet.

Ci-dessous : une brève revue de presse

Documents joints à cet article :

Midi Libre
Hérault du Jour (budget)
Hérault du Jour (Voies Vives)

Social, connais pas ! (DUP 5 et DUP antérieures du PRI)

Nous tenons en premier lieu à rappeler combien nous sommes favorables aux interventions publiques sur le bâti ancien de la ville de Sète et particulièrement dans le périmètre de restauration immobilière.

Ce qui nous gêne dans ce bilan c’est que celui-ci n’apparaît que sous ses aspects production de nouveaux logements et financiers. Il n’est strictement rien dit de la question sociale à savoir que deviennent les habitants ne pouvant rester dans leur logement durant les travaux ?, quels sont les bénéficiaires des logements conventionnés ? Sont ils originaires du quartier ?

L’an dernier nous manifestions notre inquiétude quant au trop petit nombre de logements conventionnés. Cette année nous constatons que le nombre prévu a bien augmenté et nous en sommes satisfaits mais nous devons constater qu’il s’agit, page 6, d’un tableau provisoire Quelle certitude avons nous que les 55 nouveaux logements prévus en loyers conventionnés le seront bien et pour quels occupants ? A ce jour pouvez nous nous préciser ce qu’il en est.

Je rappelle que l’objectif de cette opération s’étendant sur la période 2003-2012 portait sur le traitement de 65 immeubles soit un potentiel estimé de 400 logements (page 5) Fin 2009, seulement 95 logements étaient en phase opérationnelle soit 25%. Cela nous semble faible pour une opération commencée en 2003

Vous mentionnez page 13 une opération de 3 logements tiroirs. Pourrions nous avoir des précisions sur cette opération ? Merci

Nous abstiendrons lors du vote de cette délibération compte tenu de l’absence de bilan social.

Intervention de Jacques MONTAGARD

09/04/2010

Midi Libre SETE - Logement - A Sète des loyers élevés mais... en baisse

Édition du dimanche 28 mars 2010

A Sète, des loyers élevés mais... en baisse

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ETUDE : Un rapport établi à l'échelle nationale révèle que les loyers du marché locatif privé à Sète devraient, en 2010, être en baisse de 3,6 % par rapport à 2009

(Voir http://www.lesechos.fr/medias/2010/0312//300416381.pdf page 14 et article Les Echos.fr http://www.lesechos.fr/patrimoine/immobilier/300416380-le...)

« Connaître les loyers et analyser les marchés sur les espaces urbains et ruraux. » Tel est le l'objectif de l'étude menée, via un organisme, par 25 agences immobilières sur l'ensemble du territoire national.

Cette étude a fait l'objet d'un rapport rédigé par Michel Mouillart, professeur d'économie à l'Université de Paris X - Nanterre.

Localement, ce rapport révèle qu'à Sète, les loyers du marché locatif privé devraient, en 2010, être en baisse de 3,6 % par rapport à 2009.

Un chiffre à mettre en parallèle avec d'autres villes du Languedoc-Roussillon qui, toutes, verraient les loyers augmenter (Montpellier + 2,4 %, Béziers + 1,2 %, Lunel + 4,7 %...).

Une bonne nouvelle donc pour les Sétois mais qu'il convient de tempérer en rappelant que les loyers restent globalement élevés sur l'Île singulière : 10 € le m² loué (Béziers 8,5 €, Montpellier 13,5 €).

A comparer, on est évidemment loin des chiffres franciliens (17,4 € le m² ), encore plus de Paris (25 € le m² ) mais très largement au-dessus de la ville d'Auch (Gers) où les loyers tournent autour de 6,3 € le m².

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25/03/2010

Midi Libre SETE - Logement - L'îlot Savonnerie, après la friche, sera chic

Édition du jeudi 25 mars 2010

L'îlot Savonnerie, après la friche, sera chic

V.A.

Les travaux du programme évoqué par les élus dès 2007 pourraient débuter en juin prochain

On sentait comme un petit parfum de victoire, mardi en mairie, saluant la réalisation prochaine du 2e programme de démolition-reconstruction (après celui des Consuls, rue Euzet) engagés dans le cadre du plan de restauration immobilière, quartier des 4-Ponts.

Le maire, François Commeinhes, scellait en effet d'une signature (celle du compromis de vente) les contours définitifs du projet "îlot Savonnerie". Il devrait avoir vu le jour d'ici décembre 2012 à l'emplacement de l'ancienne imprimerie de la rue éponyme, bordant un axe essentiel car porte d'entrée des croisiéristes abordant la ville par le Quai d'honneur.

Le projet verra le jour sur une friche industrielle où résidaient depuis 15 ans environ, a insisté le maire, « les pigeons, les gabians et autres animaux à quatre pattes et à longue queue ». Mais aussi, côté rue Romain-Rolland, des propriétaires à deux pattes, ceux-là, dont l'immeuble a fait l'objet d'une déclaration d'utilité publique et dont deux auraient, à ce jour, accepté la proposition des Domaines.

« Un dossier complexe », a concédé le maire, qui a estimé l'obtention des autorisations de construire au mois de juillet, « après recours des tiers », le début des travaux pour juin 2011 et une livraison en décembre 2012, donc.

Pour la SA Elit (qui pilote le plan de restauration immobilière sétois), Henri Dorne a souligné « l'audace d'un projet de reconquête urbaine qui sort de l'ordinaire et sur lequel nous serons particulièrement attentifs puisqu'il va être réalisé à proximité immédiate de bâtiments existants ».

Alors que le représentant de Nexity, opérateur retenu pour la réalisation du projet (c'est la société qui a signé le programme au toit zingué en haut de la rue Montmorency), Philippe Ribouet a lui insisté sur le choix «d'un mode constructif peu consommateur d'énergie et d'eau » (lire ci-dessous), s'inscrivant dans une vraie démarche environnementale.

A vocation de résidences principales, les appartements (et les deux villas de toit !) devraient être mis sur le marché entre 3 000 et 3 200 € le m 2 « parking compris ». Soit environ 190 000 € les 60 m 2 . Pas donné.

Patrice CASTAN pcastan@midilibre.com

Édition du jeudi 25 mars 2010

BOIS, BASSE CONSOMMATION...

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SETE -  BOIS, BASSE CONSOMMATION...


Lorsqu'en mars 2007 étaient présentés en conseil municipal les projets de la Ville pour la rue de la Savonnerie, l'opposition faisait grise mine. Et Roselyne Bahler s'était étonnée : « Vous parlez de démolir les hangars, je le comprends, mais plutôt que des constructions, pourquoi, ne pas élargir le trottoir et planter des arbres ? Sinon, cette rue restera toujours un boyau. »

Elle a, en partie, été entendue, si l'on en croit le parti pris architectural pour lequel la Ville a opté : un bâtiment bien moins imposant que les 14 niveaux de la tour lui succédant, dont le rez-de-chaussée, implanté en retrait de l'alignement actuel, offrira plus d'espace aux piétons, et une perspective élargie.

C'est notamment - avec l'option d'un premier plancher porté à 4 m du sol - ce qui a séduit la Ville dans le projet de Pierre Di Tucci, dont la réalisation sera pilotée par Nexity-George V.

Dans ce programme, les 42 logements, dont 9 sociaux, se décomposeront comme suit : 13 type 2, 23 T3, six T4. Au rez-de-chaussée, 230 m 2 seront consacrés aux commerces. Respectant les critères BBC (bâtiments basse consommation), la résidence est annoncée pour avoir une consommation en énergie primaire inférieure à 40 kw / m 2 de Shon.

Dans la même veine, dès le premier étage, le bâtiment que Pierre Di Tucci a voulu « plus sculptural que conceptuel » et dont les modules rappellent la verticalité de la tour, sera fait de bois « matériau qui capture le carbone et qui est peu nuisible » . Plutôt bien vu sur un axe qui, côté nuisances, a rappelé l'opérateur, voit passer de 10 à 12 000 véhicules / jour.

 

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www.sete.fr

La ville continue à se reconstruire


Dans le cadre du Périmètre de Restauration Immobilière (PRI), la ville de Sète et la société Nexity ont signé le 23 mars dans la salle des mariages de la mairie un compromis visant à la réalisation d’un programme exemplaire de logement résidentiel et social rue de la Savonnerie.
Ce projet, porté depuis longtemps par la société d’économie mixte Elit, prévoit la construction d’un immeuble de 42 logements dont 9 logements sociaux en lieu et place de la friche industrielle que les sétois connaissent d’ancienne mémoire : l’imprimerie Galavielle.

L’architecture de ce bâtiment a été confiée au cabinet sétois Signal.
Non seulement sa conception est en accord avec les nouvelles normes basse-consommation énergétique mais il sera entièrement construit en bois à l’exception de sa partie inférieure, une procédé innovant en France à partir de panneaux en bois contrecollé massif fonctionnant comme le béton.

Le rez-de-chaussée sera occupé par des commerces et aménagé de manière à redonner de l’espace aux piétons qui n’en avaient guère le long de cette voie de grande circulation automobile : "Ce projet est l’un des plus audacieux qui ait été présenté" a commenté le maire. "Il tranche incontestablement avec tout ce qui a été fait à Sète en matière de requalification urbaine. C’est un pari et c’est pour cela qu’il a été choisi".

Publié le mercredi 24 mars 2010.

25/11/2009

Midi Libre Sète - Centre-ville - PRI rue Euzet : de la difficulté de faire place nette

Édition du mardi 24 novembre 2009

Ph C.F.

DR

Au dernier épisode du Plan de restauration immobilière, un avis favorable avait été donné à la Déclaration d'utilité publique, avec quelques recommandations...

Allez, à la décharge de la Ville, mener à bien un plan de restauration immobilière (PRI) n'est jamais chose aisée.

Déjà du simple fait qu'un PRI, à la différence d'une Opération programmée d'amélioration de l'habitat, peut contraindre les propriétaires de logements dégradés à engager impérativement des travaux, ou à céder leur bien.

Et plus encore parce qu'au fur et à mesure de l'avancée des opérations de démolition-reconstruction ou de rénovation, il faut reloger, ne serait-ce que temporairement, les particuliers et les commerçants occupant les immeubles visés.

Et que la Ville de Sète ne dispose pas de logements tiroirs... Rue Euzet, tout avait relativement bien commencé en "1re tranche", avec l'édification de la résidence Les Consuls, ou encore aux n°16 et 26 de la rue où, après quelques atermoiements, les immeubles ont pu être "libérés" de leurs occupants (lire ci-dessous) afin que la rénovation débute.

Entre temps, la SA Elit, opérateur du PRI, était néanmoins tombée sur un "os", entre la rue de La Peyrade et l'ancien Studio Clément, qui avait conduit la Ville à inclure cet îlot à l'enquête d'utilité publique menée en janvier et pouvant aboutir à une éviction forcée des deux commerçants - encore en activité - visés. Le commissaire enquêteur s'était finalement déclaré favorable à la DUP avec ces recommandations : « Trouver des solutions qui permettent la réinstallation des commerces dans des conditions acceptables , mieux informer les habitants de l'avancement du projet. »

Or, qu'en est-il aujourd'hui six mois après cet avis ?

Marcel Claret, propriétaire du n° 20 rue Euzet, dont Les Vêtements Vié, occupent le rez-de-chaussée, s'est vu signifier qu'il est sous le coup d'une cession obligatoire. En se rendant propriétaire des murs, la SA Elit pourrait donc hériter d'un locataire pas tout à fait disposé à se faire "bouger" comme ça, alias l'historique Jacques Vié.

Mais au-delà de ce cas particulier,

ce que regrette l'association Cette Évolution, créée pour défendre les intérêts des résidants du secteur, c'est que la SA Elit et la Ville n'aient « pas vraiment pris en compte les recommandations du commissaire enquêteur, notamment son souhait de voir les résidants associés à l'avancée du PRI. On ne demande pas grand-chose : seulement un prévisionnel des logements qui seront concernés à l'avenir de façon à mieux accompagner les familles perturbées par la perspective d'un relogement. »

Enfin, Cette Évolution regrette une fois de plus que la Ville n'ait pas pris la précaution de se doter de logements tiroirs alors même qu'il était évident que « l'office HLM, ayant très peu de logements disponibles, ne pourrait combler cette carence ».
Et que le PRI ne fait que commencer...

Patrice CASTAN pcastan@midilibre.com

Édition du mardi 24 novembre 2009

 

CETTE Évolution : Une association qui, parfois, rend bien des services

Rue Euzet, la réhabilitation du n°16 ne saurait tarder ; le n° 26, désormais vacant, sera bientôt concerné, alors que des discussions ont été engagées avec le syndic de copropriété du n° 28. On ne peut donc pas dire que le "plan" n'avance pas.

Mais derrière cette nécessaire réhabilitation et souvent l'impératif, pour la SA Elit, de se rendre maître du foncier, le relogement n'est pas toujours une mince affaire.

Sur les quatre familles qui résidaient au n° 26 (immeuble dans un état déplorable), deux relogements n'ont pas posé de problème : la SA Elit a proposé à un couple de personnes âgées un logement en rez-de-chaussée près des halles, à un homme seul un relogement avec suivi d'un organisme social.

Les deux autres familles ont néanmoins dû être "accompagnées" par Cette Évolution.

La première, un couple de retraités, a obtenu un logement HLM hors Île sud, après 6 mois de négociations, avec possibilité de revenir dans le quartier dès que se libèrera un logement identique.

La dernière famille (un couple avec trois enfants en bas âge) a pu être relogée au premier étage d'une maison située route de Montpellier. Mais le jour où cette dernière fut invitée à intégrer son nouveau logement, assure Cette Evolution « pas d'eau, pas d'électricité, cumulus en panne... » L'association assure avoir dû intervenir auprès de la SA Elit, puis de l'OPHLM, doublant sa démarche d'un courrier au maire. « En 24 heures, l'affaire était réglée. »

Comme quoi une association de riverains n'est pas qu'un caillou dans la chaussure. La Ville ne pouvant être partout, elle l'aide à être au parfum...