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23/07/2010

Festival de poésie “Voix vives de Méditerranée en Méditerranée” 23-31 juillet 2010

9 jours de poésie à Sète, une innovation de taille et un exercice périlleux :

  • une ville éparpillée, plutôt pauvre
  • des quartiers farouchement indépendants,
  • beaucoup de poésie en langue étrangère,

autant de difficultés à surmonter, pour pouvoir toucher un peu plus qu’un noyau de sétois convaincus ou cultivés.

Le Quartier Haut mis à l'honneur va-t-il apporter le souffle populaire nécessaire à la réussite à ce festival ? Souhaitons-le !

69 pages de programme http://www.voixvivesmediterranee.com/para/img/programme_2... (mises à jours, cliquer : Facebook)

5 spectacles gratuits :

  • Ce soir à 21h30, spectacle d’ouverture du festival au château d’eau
  • Lundi 26 à 18h30 au Brise-lames “Entre mer et ciel” Patrick Dubost et compagnie Bismut
  • Mardi 27 de 5h à 6h30 Crique de l’Anau “Contes au point du jour” (Rachid AKBAT, Joachim Kaboré, Catherine ZARCATE)
  • Vendredi 30 juillet 18h30 au Brise-lames “Entre mer et ciel” avec SAPHO la marraine du festival
  • Samedi 31 juillet 21h30 au Château d’eau, soirée de clôture en 1e partie et à 22h30 Tinariwen en 2e partie

On notera que pour le Brise-lames et la Crique de l’Anau, les rêves de se transporter en mer ou d’attendre le point du jour font certainement partie intégrante de cette poésie que ces spectacles gratuits vont nous inspirer…

 

Quelques vers d'Henri MESCHONNIC dont la dernière oeuvre "Demain dessus, demain dessous" a été présentée dans le cadre apaisant du Château d'Eau :

henri-edd3e.jpg« un visage est une histoire
qu’on ne sait pas lire
ou qu’on apprend à lire
c’est le visage
qui est l’origine
de toi de nous
de notre monde
mon hier
mon aujourd’hui
mon demain
»

« je tourne de lettre en lettre
mon alphabet c’est les jours
mes mots
sont ce que nous en faisons
une phrase qui n’a pas de fin
la bouche les yeux fermés
mange l’amour à pleines lèvres
nous ne faisons que commencer
de dire ce que nous ne savons pas
mais qui nous fait
ma vie ta vie notre vie
le bonheur

est l’inconnu en nous »

Quelques pitorresques commentaires chez les Vicomtes de Brageole :

http://vicomtesdebrageole.midiblogs.com/archive/2010/07/2...

Le coup de gueule d'Honorine http://vicomtesdebrageole.midiblogs.com/archive/2010/07/2... en réponse à

 

176894427.jpg

 

 

 

Midi Libre Édition du samedi 24 juillet 2010

Voix Vives lancé avec une poignée de vers

V.A.

Festival Voix Vives lancé avec une poignée de vers


Le soir d'une nuit d'été. C'est ainsi que le festival Voix Vives a débuté. Sous les lumignons, rencontre d'un monde cosy avec la bohème.

Sur l'herbe du jardin du Château d'Eau, un guéridon, un bouquet de fleurs. Des tables, un buffet rempli de vaisselle. Salle à manger improvisée sous les arbres [pour les poètes (note du blog)].

Un peu plus loin des tapis, des tentes et du thé - ambiance Afrique du Nord.

La foule est arrivée pas à pas. Les premiers se sont installés dans les chaises longues, les suivants sur l'herbe humide.

Une demi-heure de retard, le temps d'enfiler une petite polaire, son châle pour les plus élégantes.

Impatient mais poli, le public a applaudi, pour appeler les poètes. « Ça n'a pas l'air de les faire venir », soufflait une femme à son ami.

Et finalement une voix s'élevait : « Que la nuit s'ouvre. » Suivaient Adonis et consort. En haut du jardin, des amis continuaient à bavarder. Autre poésie.

Camille GELPI

 

 

Pour finir par une poésie un peu plus populaire, Pierre PERRET un artiste plein de chaleur mais qui a toujours laissé assez froids les sétois

Ma nouvelle adresse

Ce hall de gare pavoisé de rouges à lèvres et de hasards
Où bat le cœur des banlieusards plein de sanglots et de baisers
N'aura jamais su me griser
Ce hall de gare pavoisé de solitudes plein tarif
Et de marques d'apéritifs et de bonheurs synthétisés
Je m'en suis désapprivoisé

Prenez ma nouvelle adresse
Je vis dans le vent sucré des îles nacrées
Et à ma nouvelle adresse
Une fille s'amuse à rire de mes souvenirs

Et ce boulot qui m'usait tant, qui me laissait tant épuisé
Devant ma machine à fraiser que j'en suait l'eau et le sang
N'aura jamais su me griser
Et de ce patron si charmant et du banquet de fin d'année
Et de médailles arrosées, et de mes copains militants
Je m'en suis désapprivoisé

Prenez ma nouvelle adresse
Je vis dans le vent sucré des îles nacrées
Et à ma nouvelle adresse
Une fille s'amuse à rire de mes souvenirs

Les fins de mois les repas bâclés devant le match à la télé
Les infos chloroformisées et les pubs de mousse à raser
N'auront jamais su me griser
De cet air de robot content, de cette course avec le temps
De ces amours en pointillés qui mourraient avant d'être nées
Je m'en suis désapprivoisé

Prenez ma nouvelle adresse
Je vis dans le vent sucré des îles nacrées
Et à ma nouvelle adresse
Une fille s'amuse à rire de mes souvenirs

Oui mes amis j'ai largué tout pour l'archipel des Tuamotu
Où quel que soit le cours du franc on offre son poisson vivant
Pour une poignée de riz blanc
Mon copain Jacques a mis les bouts toutes voiles dehors et vent debout
Il chante dans les Alizés quelques chansons dont le succès
N'aura jamais su le griser

Prenez sa nouvelle adresse
Il vit dans le vent sucré des îles nacrées
Et à sa nouvelle adresse
Une fille s'amuse à rire de ses souvenirs.

21:46 Publié dans Poésie, Vie des quartiers - Souvenirs | Lien permanent | | Tags : voix vives | | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

26/06/2009

De la Gazette de Sète à Frédéric Mistral

La citation de la Gazette de Sète "Ansin, dins uno grand manado. Se 'no ternenco es debanado" quelque peu sybiline est une occasion de renouer avec les émotions simples, Frédéric Mistral, l'histoire de son poème "Mireille" et le Felibrige.

Mireille n'est plus (Chant VII). Et le poète raconte :  

Ansin, dins uno grand manado.
Se 'no ternenco es debanado,
A l'entour dôu cadabre estendu pèr toujour,
Nôu vèspre aderrèn, tau e tauro
Van, souloumbrous, ploura la pauro ,
E la palun, e l'oundo, e l'auro
De si doulourous bram restountisson nôu jour.

Ainsi dans une grande manade
Si une jeune génisse a succombé
Autour du cadavre étendu pour toujours
Neuf soir consécutifs, taures et taureaux
Viennent, sombres, pleurer la pauvre
Et le marais, et l'onde et le vent
De leur douloureux mugissement retentissent neuf jours.

http://www.emile-ripert.eu/mMireilleEpilog.html
http://www.emile-ripert.eu/felib.html
http://www.archive.org/details/quauvuprendredo00mistgoog

'no = uno : une (o = féminin)
ternenco :
un ternen (cheval ou taureau de 3 ans)
debanar :  se dérouler

Musique GOUNOD

08:33 Publié dans Langue d'Oc, Poésie | Lien permanent | | Tags : frédéric mistral, provence | | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |