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04/12/2013

Ville de demain 2014

La plupart des citoyens et (futurs) élus ne se sont pas encore posés la question du numérique dans la vie collective, ni demandés quels avantages tirer de ces techniques, que les 2 compères Véolia (sous le nom de M2OCity avec Orange) et Suez Environnement (avec SFR Business) sont déjà au fourneaux en train de nous concocter des solutions M2M (Machine to Machine) dont ils nous inonderons demain !

Voici la présentation Zone du Net,  de l’étude qualitative « Ville de demain 2014 » , commandée par M2OCity et  publiée ce 19 novembre. http://www.zdnet.fr/actualites/lyon-en-tete-du-palmares-d...

Menée par Sircome pour le compte de M2Ocity   cette dernière analyse 1200 projets dans plus de 200 villes au travers de leur communication publique (sites web municipaux, presse...).

Les 50 villes aux projets les plus emblématiques ont alors fait l'objet d'un classement en fonction de l'intérêt des projets dans les huit domaines d'action .

  1. Vision de la ville de demain : L’étude porte sur l’importance  et la pertinence de la  communication de l’ambition
    municipale pour doter la ville d’un futur plus  durable
    .  Sont  également  analysés l’implication  des  citoyens  dans  la  vie locale,  le  modèle  démocratique,  ainsi que l’attractivité globale de la ville
  2. Territoire numérique  :  L’étude s’intéresse aux  infrastructures  télécom couvrant  le  territoire  du  très  haut  débit (pour  la  fibre)  jusqu’au très  bas  débit  (pour  les  objets  communicants),  ainsi  que le taux d’adoption et les conditions d’accès par les habitants de la ville.
  3. Cadre de vie : L’étude concerne l’environnement  urbain,  les  espaces  verts,  le  suivi  et  les  actions  de  lutte  contre  la  pollution, mais aussi la façon dont la ville  favorise  la  solidarité  entre  les  citoyens  ainsi que la  possibilité de se développer  personnellement et professionnellement  sur le territoire.
  4. Maîtrise durable de l’énergie : L’étude recense les engagements municipaux,  les projets en matière de sobriété
    énergétique  et  réseaux  énergétiques  intelligents « Smart Grids »,
    pour tirer un  meilleur parti des énergies renouvelables  ou  pour  aider  les  consommateurs  à  réduire leur facture énergétique.
  5. Gestion responsable de l’eau :  L’étude  s’intéresse  à  la  gestion locale   de   la   ressource   sur  tout  le  cycle  de  l’eau,  la  qualité,  le  prix,  la  tarification,  le  rendement  du  réseau de  distribution,  ainsi  que  l’information  et  l’implication  des  usagers  pour  une consommation responsable de l’eau.
  6. Recyclage et gestion des déchets : L’étude explore les initiatives locales visant à faire du déchet une  ressource  valorisée,  à  optimiser  les  coûts  de  gestion  et  de  collecte,  à  sensibiliser  les  habitants  et/ou  à  développer les éco-comportements  en matière de recyclage.
  7. Bâtiments intelligents : L’étude   met   en   perspective  ces  projets  d’aujourd’hui  qui  dessinent l’habitat et la vie dans la ville  de   demain   :   éco-quartier,   bâtiment  HQE,  construction  neuve  ou  rénovation  urbaine, bâtiment résidentiel, commerces,  bureaux, etc.
  8. Mobilité urbaine durable :  L’étude se penche sur les  projets   d’organisation  et  de  gestion  des  déplacements  urbains  qui développent  l’intermodalité,  minimisent  la  «trace»  environnementale,  facilitent  le  stationnement,  le  désenclavement  des  quartiers, et/ou améliorent le confort de  voyage (ou d’attente) des citadins.

Le classement est issu de la compilation des notes attribuées dans chacun des huit domaines.

Il en ressort une intéressante sélection de projets emblématiques de la ville intelligente en France et des enseignements riches pour imaginer la ville de demain.

L'étude m2ocity « ville de demain 2014 » reflète la richesse et la diversité des projets que l'on trouve derrière l'étiquette « ville intelligente » ou « smart city ».

Ces 50 villes constituent, dans 8 domaines d'action locale pour un développement urbain durable, une source d'inspiration pour imaginer la ville de demain.

La déclaration liminaire de Sircome rend évident le retard pris par  notre commune :

Villes intelligentes : passer de la communication sur la ville intelligente à l’appropriation  par les habitants!”

L’étude m2ocity « Ville de demain 2014 » met en évidence que les villes diffusent très largement vers leurs publics externes le message sur leur capacité à innover.

Elles affichent haut et fort leurs ambitions et leurs projets emblématiques : écoquartiers, démonstrateurs Smart Grids, initiatives d’Open Innovation, Internet des objets...

De nombreuses villes innovent également sur le plan social, cherchent à impliquer et à accompagner les citoyens pour qu’ils définissent et s’approprient la ville de demain, leur ville.

S'il n'est pas interdit de penser que ces "villes intelligentes" se lancent dans des projets qui risquent d'être plus emblématiques et coûteux, qu'utiles à leur population et porteurs d'avenir, rien n'empêche a contrario qu'une ville comme Sète lance des projets numériques modestes comme la libéralisation des données publique (Open Data) qui permettraient à ses jeunes de mettre le pied à l'étrier pour construire le monde digital de demain ?


Pour le M2M aka Machine to Machine voir le site www.m2ocity.com et Wikipedia (en anglais) http://en.wikipedia.org/wiki/Machine_to_machine

Pour télécharger le fichier pdf de l’étude complète (sans avoir à remplir de formulaire) cliquez ici : http://ubi3.fr/0fpBbP

29/10/2013

Données numériques : Si elles sont le pétrole de demain, qui est assis sur les plus grands gisements ?

Trois besoins fondamentaux, pour survivre à la révolution numérique :
    • concevoir de nouveaux modèles d’affaire fondés sur la numérisation massive des données
    • inculquer une culture numérique de base commune à tous les citoyens
    • permettre aux filières d’innovations d’attirer les jeunes dont elles ont besoin
C’est ce qu’illustre cette interview de Benoît Thieulin, président du CNN publié sur l’Usine Digitale

LA FRANCE DU NUMÉRIQUE - USINE DIGITALE > L'USINE DES PME-ETI


"La deuxième vague numérique arrive et la France a toutes ses chances", affirme Benoît Thieulin

Publié le jeudi 24 octobre 2013 par Aurélie Barbaux et Pascal Gateaud

http://www.usine-digitale.fr/article/la-deuxieme-vague-nu...

L'Usine des PME-ETINumériqueFranceEconomie numériqueEntretien

Pour Benoît Thieulin, président du Conseil national du numérique et directeur de l’agence La Netscouade, la France conserve toutes ses chances pour la deuxième vague de la révolution numérique qui touche toute l’économie.

L'Usine Digitale - La notion de filière numérique a-t-elle un sens ?


Benoît Thieulin - Dans un premier temps, le numérique a été pensé et discuté au sein de petites communautés de geeks, de développeursEt s’il a touché de grands secteurs, comme les médias ou la culture, il avait un faible poids économique. En parallèle, on a assisté à l’émergence de gros acteurs "pure players", qui créent leurs propres usages. Aujourd’hui, on est à un point de bascule. La seconde onde de choc de la révolution numérique frappe le reste de l’économie. On s’en aperçoit au travers de la problématique des données numériques. Si elles sont le pétrole de demain, qui est assis sur les plus grands gisements ? On pense immédiatement aux géants d’internet. Mais les banques, les assureurs, le transport, la grande distribution… une partie de leur modèle d’affaires pourrait pivoter sur l’exploitation de ces données. L’enjeu, c’est sortir d’une économie du numérique. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas, mais qu’elle sort de la filière.

Interview issue de notre grand dossier "La France du numérique"

Si le numérique diffuse partout, faut-il quand même labelliser des quartiers numériques, comme veut le faire le gouvernement ?


Oui. Car on est qu’au tout début de la deuxième vague. Les nouveaux pivots de modèles d’affaires, fondés par exemple sur les données, ne sont pas engagés. La transition n’est qu’entamée. Ce n’est donc pas une raison pour ne pas mener des actions. Ce dont les entreprises innovantes ont le plus besoin, ce n’est pas forcément d’aides publiques, mais d’accompagnement, de conseils et surtout de remplir leur carnet de commandes. Avoir des clusters qui sont révélés physiquement permettra peut-être plus facilement aux grands groupes d’aller y faire leur marché. D’abord, pour numériser leurs activités traditionnelles et revoir leurs modèles d’affaires. Mais surtout, pour se penser au cœur d’un écosystème, afin d’aller chercher la créativité, l’agilité, là où elles sont. Il leur sera de plus en plus difficile de faire venir des talents…

Faut-il pour autant multiplier les lieux consacrés au numérique ?


Aujourd’hui, Paris est un écosystème de start-up et de PME innovantes incroyable. Mais elles sont éclatées autour d’une multitude de pôles. Xavier Niel a raison de miser sur la Halle Freyssinet. Cela permettra de découvrir en une heure, comme en Californie, des dizaines de start-up rassemblées sur un même plateau. Il faut que les patrons du CAC 40 aillent s’oxygéner dans des endroits comme la Halle Freyssinet demain, ou les incubateurs et les quartiers numériques qui existent déjà, à Paris mais aussi dans les régions. Ces lieux organisés permettront aussi aux start-up de collaborer plus facilement entre elles.

Dans une civilisation de la connaissance qui bascule dans le numérique, enseigner un minimum de ce qu’est le code est fondamental. Il faut savoir aujourd’hui ce que sont les couches de langages, ce qu’est un programme, comment il s’exécute pour mieux comprendre les services de haut niveau qu’il est possible d’en tirer.

Le Conseil national du numérique, le CNN, travaille-t-il sur les questions de formation ?


Le CNN s’est auto-saisi sur le sujet et félicité de la prise de positions de l’Académie des sciences en faveur de l’apprentissage du numérique à l’école. Dans une civilisation de la connaissance qui bascule dans le numérique, enseigner un minimum de ce qu’est le code est fondamental. Hier, il était impossible de ne pas inculquer aux élèves de toutes les classes sociales une base de connaissances en mécanique, en géométrie… Il faut savoir ce que sont les couches de langages, ce qu’est un programme, comment il s’exécute. Cela vient d’être mis en application en Angleterre. Dès la maternelle, les enfants reçoivent des notions très rudimentaires de code ! Ce n’est pas pour que tout le monde devienne développeur. Même s’il est vrai que l’on en manque vraiment…

Dès que l’on amorce cette pompe d’innovation et de succès, cela rejaillit sur tout l’écosystème.  Pour la 2e vague numérique, où il va y avoir beaucoup plus de services de Business à Business, on a vraiment toute nos chances.

Comment attirer des jeunes en l’absence de grands champions ?


Le grand problème de la France et de l’Europe, c’est le financement. Si les États-Unis n’ont pas ce problème, c’est qu’il y a eu des succès. Et que les grands acteurs, qui sont dans une course à l’innovation, passent leur temps à réinvestir dans des entreprises. On a la chance en France d’avoir un Xavier Niel. D’autres peut-être demain. Dès que l’on amorce cette pompe d’innovation et de succès, cela rejaillit sur tout l’écosystème. Alors qu’importe que la France ait principalement des pépites B to B. C’est finalement une chance. La première vague du numérique a concerné le B to C. Les Français et les Européens ne partaient probablement pas gagnants, à cause du morcellement du marché, de la disparité des langues, des réglementations. Les Américains, eux, ont deux atouts : la culture incroyable de l’écoute du client et celle des interfaces. Pour la deuxième vague numérique, où il va y avoir beaucoup plus de B to B, on a vraiment toutes nos chances.

Le principe d’une taxe spécifique semble écarter…


Le rapport sur la fiscalité que nous avons rendu arrive à la conclusion qu’il est impossible d’instaurer une taxe sectorielle dans un seul pays. Il n’y a que des inconvénients et aucun avantage. Pour autant, je ne suis pas sûr que les leviers fiscaux soient l’alpha et l’oméga de l’attractivité d’un pays. La qualité d’un écosystème, l’accès au financement, l’accès à des compétences, la culture du risque et l’envie d’innover sont, pour moi, des leviers plus importants que les leviers fiscaux.

Un pays s’en sort-il mieux ?


La France ne s’en sort pas si mal ! Et elle a plein d’atouts. Une bonne démographie. Un métissage, qui est une chance. Une qualité de vie qui, pour ma part, me pousse à rester. Un environnement créatif dans des villes très denses avec en même temps des frugalités qui sont les modèles de demain. Cela doit nécessairement donner quelque chose. On a peut-être loupé la première vague. Ce n’est pas grave, il y en aura plein d’autres...

Propos recueillis par Aurélie Barbaux et Pascal Gateaud